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Retour aux sources

Les Speedmasters d’Omega sont des montres célébrissimes. Peut-être les plus connues, avec les Submariners de Rolex. Elles sont, dans l’esprit de tous ceux qui se sont une seule fois penchés sur l’horlogerie, indissociablement liées à la conquête spatiale et en particulier aux programmes de la NASA, ceux des vols habités vers et sur la Lune (Apollo, Gemini, …)

Nous allons néanmoins, dans cette revue, qui pourtant concerne bien une Speedmaster, rester très loin de la Lune et très terre à terre. Ou plutôt pneu à terre. Et, de la sorte, revenir aux sources de la Speedmaster.

Même se cela est méconnu, l’origine de la Speedmaster, c’est le monde de l’automobile et des sports mécaniques. C’est son ADN originel, aux côtés de la Rolex Daytona par exemple. A l’origine, pour son créateur Pierre Moinat, chef de la Création chez Omega, la Speedmaster était un chronographe sportif, solide (à l’époque, il était considérablement moins fragile que ses concurrents), étanche à 60m grâce à des joints de poussoirs en plomb, antimagnétique et destiné aux amateurs de vitesse (d’où l’échelle tachymétrique). Ce n’est que de manière fortuite, au nez et à la barbe d’Omega, dans le plus grand secret, que la NASA a choisi la Speedmaster pour son programme spatial. Omega a su profiter de l’aubaine et de l’effet « moonwatch », c’est certain, mais il convient de ne pas oublier cette origine : une montre dédiée au monde de l’automobile et de la vitesse.

Les premières publicités d’Omega portant sur la Speedmaster en témoignent, comme dans l’exemple ci-dessous :

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Publicité pour la Speedmaster datant de 1958. Crédits speedywatches.com

Omega, les Speedmasters et la compétition automobile

Je ne vous ferai pas ici l’affront de vous présenter l’histoire de la Speedmaster, dans sa globalité. En revanche, il me parait intéressant de présenter la partie de l’histoire de la Speed liée au sport automobile, car cette histoire est bien moins connue, et il est assez difficile, même en creusant un peu sur internet, de trouver une histoire claire et complète de la Speedmaster et l’automobile. Sans me livrer à un travail très approfondi, je vous propose donc ici de rappeler les grandes étapes de cette autre histoire de la Speedmaster, ou plus exactement l’histoire de cette autre Speedmaster. La matrice est la même, mais, rapidement, la branche « sports mécaniques » de la Speed a été occulté par la moonwatch. Remontons donc à la création de la Speedmaster pour comprendre cette évolution différenciée.

1957. C’est l’année absolument phare pour Omega. C’est en 1957 que la manufacture de Bienne présente trois nouveaux modèles. Dont on entendra un petit peu parler depuis. Tout d’abord la Speedmaster, un chronographe dédié au sport automobile. Ensuite, la Seamaster, une montre de plongée, réponse d’Omega à la célébrissime Submariner. Et, enfin, la Railmaster, antimagnétique. Bigre. On peut faire pire. Le design du cadran de la Speedmaster, puisque c’est elle qui nous intéresse, a été inspiré, parait-il, par les tableaux de bord des voitures italiennes de l’époque. Son échelle tachymétrique est placée sur la lunette, et non sur le cadran, pour plus de cohérence. Voici déjà les principaux aspects de la Speedmaster originelle, référence CK 2915, qui distingue cette montre de la concurrence. Deux ans plus tard, elle arborera les célèbres aiguilles alpha, en prenant la référence CK 2998.

Durant cette période, aucun doute possible, la Speedmaster est indissociablement liée au sport automobile, à la vitesse (d’où son nom), à la compétition, aux sports mécaniques.

Arrive 1963. L’année du calibre 321 à roue à colonnes, à remontage toujours manuel, l’année, donc, de la célèbrissime référence ST 105.003. Qui deviendra la ST 105.012 puis la ST 145.012. Cette dernière référence est capitale dans notre histoire. D’apparence, pas grand chose à en dire. C’est une évolution, introduite en 1966, du calibre 321. A la durée de vie relativement courte. Certes. Mais, il faut savoir qu’il existe une version – très très rare – de cette référence, la ST 145.012-67 SP (SP comme « sport », je présume), qui était dotée d’un cadran « Racing » à damier. Ce cadran, outre son attachement évident au sport automobile, préfigure, en quelque sorte, les Speeds liées au monde de l’auto contemporaines. Dotée d’un calibre 321 et d’aiguilles rouges pour la fonction heure (Heure, Minute et petite seconde) et blanches pour la fonction chronographe, la ST 145.012-67 SP dispose des épaulements de couronne. Outre le cadran, cette séparation des fonctions par le jeu des couleurs des aiguilles, c’est clairement un trait caractéristique des premières montres de la série Racing.

La 145.012-67 SP, une Racing avant l'heure ! Crédits http://www.instagram24.com/tag/doyoulovespeedmasters
La 145.012-67 SP, une Racing avant l’heure ! Crédits Instagram

On connait parfaitement la suite de l’histoire de la Speedmaster, entièrement tournée vers la conquête spatiale, avec comme point d’orgue Avec l’avènement de la moonwatch, difficile de suivre la trace de la Speed dédiée au monde automobile. Cela n’engage que moi, mais je trouve des traces de cet ADN encore en 1969, avec la Mark II, qui a certes une ligne essentiellement seventies, mais aussi un côté pilote extrêmement affirmé, mais pilote auto, pas pilote d’aéronefs (à la différence des Mark III, Flightmaster et autres 4.5…). C’est tout spécialement vrai, bien entendu, avec le cadran Racing de la 145.014, bien connue et reproduite récemment.

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La Mark II 145.014 avec le cadran « Racing », crédits Chuck Maddox

Les années passent, pas très facile de retrouver la trace du monde automobile dans les productions d’Omega. La crise de l’industrie horlogère suisse, l’empire Omega qui vacille et est à deux doigts de disparaître, puis la renaissance via Swatch, tout cela ne milite pas en faveur du développement de nouveaux et ambitieux projets. Notre prochain épisode de cette brève et incomplète histoire des Speeds terrestres, on le trouve donc près de 20 ans après la Mark II Racing, en 1988. L’année où est lancée la Speedmaster Automatic « Reduced » dont les dimensions sont légèrement inférieures à celles de l’originale (diamètre réduit de 42 à 39 mm). Pas de lien direct avec l’automobile, certes, mais un lien indirect car les Speeds Racing seront aussi « reduced ». En 1991, Omega lance la Speedmaster Automatic “Reduced-Date” équipée du calibre 1155 dont les totalisateurs sont positionnés à 6, 9 et 12 heures. L’Omega Speedmaster Automatic Day-Date, équipée du calibre 1150 avec date, jour de la semaine, mois et indicateur 24 heures, est lancée en 1993.

C’est dans le prolongement de ces derniers modèles, automatiques, de taille contenue, qu’apparaît l’épisode qui va nous occuper, et qui démarre dans les années 1996-97.

En 1997, apparaissent les deux jumelles Speedmaster Schmacher, jaune et rouge (ref. 3510.XX), au calibre 1141. Puis la Speedmaster Racing Reduced (3518.50 et 3517.50, « très » reduced, puisque de 35,5 mm…), au calibre 3220 et au look drapeau à damier dans le prolongement direct de la ST 145.012-67 SP et de la Mark II Racing. Puis en 2001 les Speedmaster Racing Michael Schumacher 2001 et 2002 limited edition (ref. 3519.XX puis 3529.XX), au calibre 1151 et 1152 basé sur le Valjoux 7751. Là encore, look drapeau à damier sur cadran fibre de carbone.

En 2005, Omega lance un modèle non reduced rendant hommage à Michael Schumacher. Cette Omega Speedmaster Automatic Chronometer constitue le premier modèle de la collection Michael Schumacher “The Legend”, qui comprendra de nombreuses déclinaisons, souvent très réussies.

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La Speedmaster Racing Michael Schumacher 2001 LE
La Speedmaster Schumacher Legend « panda »

Enfin, en 2012, apparaît une nouvelle subdivision des Speedmasters, ni Reduced, ni Date, ni Professionnal : la Speedmaster Racing. Celle-ci adopte un format qui est à mi-chemin entre ces autres familles, de 40 mm, et adopte un ton aussi résolument automobile, sinon plus, que toute la série des « Schumi ». C’est tout partciulièrement vrai de sa première déclinaison sur bracelet caoutchouc noir et jaune. La série Racing comprend de nombreuses déclinaisons qui sont au catalogue d’Omega depuis.

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La Speedmaster Racing 2012

A la rigueur, en tirant le fil encore un peu plus loin, on peut rapprocher de la série Racing la Speedmaster Pro « Tintin », référence 311.30, introduite au Baselworld en 2013. Mais, à mon sens, le damier qui entoure le cadran de cette montre n’est pas en tant que tel une référence aux courses automobiles, mais une référence à la fusée de Tintin. Ceci parait ma foi assez logique pour une montre, en série Professionnal, indissociablement liée à la conquête lunaire.

La Speedmaster Pro « Tintin », qui fait partie, à mon sens, de la gamme moonwatch

Une Speed « Scuderia » !

Quitte à entrer (ou plus exactement à entrer à nouveau) de plain pied dans l’univers de la course automobile, autant viser haut d’emblée. C’est toute l’ambition d’Omega en ce début d’années 1990, lorsque, en plein renouveau, la marque à la lettre grecque cherche à renouer avec ses origines. C’est à mon avis une question de positionnement marketing. La Speedmaster est devenue – à titre exclusif – la moonwatch dans l’esprit du grand public. Il convient, juge Omega, de lancer une nouvelle gamme de Speed, en lien avec le sport automobile.

Nous sommes dans la seconde moitié des années 80. La mode des Speedmasters « Mark », toutes très typées années 70 (depuis la Mark II et jusqu’à la Teutonic, qui déborde il est vrai sur les années 80, en passant par ma préférée, la 125), est passée. Le succès de la Speed Pro ne se dément pas. Omega passe donc la vitesse supérieure, et crée un nouveau format, la Reduced, automatique, avec diverses déclinaisons qui touche une clientèle différente, moins haut de gamme, parfois féminine. En prolongeant cette première expérience, Omega souhaite désormais allier ce format différent de la Speed Pro (plus petit / moins cher / automatique), au monde de l’automobile, afin que ses gammes ne se superposent pas.

Et pour viser haut, autant cibler la discipline reine, la Formule 1. Et en donnant à cette Speed le visage du plus titré de tous les pilotes de l’histoire de la F1. Excusez du peu.

Je vous présente donc, enfin, c’est l’objet de cette revue, la Speedmaster F1 Racing Michael Schumacher (appellation usuelle plus qu’officielle), en version rouge. Afin de la distinguer de toutes les Speedmasters Schumacher qui naîtront ultérieurement, permettez-moi de baptiser cette petite la Speedmaster Scuderia (et oui, il n’y a pas que l’immense Chuck Maddox qui peut se livrer à ce genre d’exercice, non mais !)

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Michael Schumacher, on ne le présente pas. C’est probablement l’une des trois plus grandes icônes de toute l’histoire de la Formule 1, aux côtés de Juan Manuel Fangio et d’Ayrton Senna. La fin tragique de ce dernier, le 1er mai 1994 lors du Grand Prix de Saint-Marin, a probablement contribué, bien malgré lui, à renforcer la légende de ce pilote hors pair, qui est encore de nos jours une véritable idole pour les Brésiliens. Toutes proportions gardées, la tragédie vécue par Michael Schumacher et sa famille depuis son terrible accident du 29 décembre 2013 à Méribel, contribue, elle aussi, à faire passer ce pilote, le plus titré de l’histoire de la Formule 1, du stade d’exception à celui de mythe. Il totalise 7 titres de Champion du monde ; il a gagné la bagatelle de 91 Grand Prix de F1 ; il a obtenu 68 pole positions. « Schumi » détient encore à ce jour, et probablement pendant longtemps encore, la plupart des records dans cette discipline. _MG_4051.jpg

Un mythe n’est pas nécessairement un chic type. Schumacher a en effet toujours eu la réputation d’être une sorte de mauvais garçon impatient, turbulent et impétueux. Sa carrière, longue de 21 ans – dont une parenthèse de 4 ans – au plus haut niveau, témoigne de ce désir insatiable de victoire. Un bref rappel de ses dates clefs.

Après un passage tonitruant dans l’équipe Jordan, où il éclipse littéralement le pilote attitré, Andrea de Cesaris, Schumacher rejoint l’écurie Benetton-Ford dès 1992. La star de l’époque, Nelson Piquet, fait pâle figure face à ce jeune Allemand ambitieux et téméraire. « Schumi » termine cette année-là sur la troisième marche, devant un certain… Ayrton Senna.

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Tout le monde s’attend désormais un duel au sommet. Il y a d’un côté, le génial Brésilien, au sommet de son art en 1993-94, et de l’autre le jeune loup Allemand. Ce duel n’aura malheureusement pas lieu. Senna trouve la mort alors qu’il mène la course à Imola, et « Schumi » file, faute d’adversaire à sa hauteur, vers son premier titre mondial.

1996 marque un tournant. Schumacher passe chez les Italiens au Cheval Cabré, au moment même où il devient par ailleurs un représentant d’Omega. Ferrai est alors une écurie en pleine reconstruction – et en pleins doutes -, qui s’organise autour du charismatique Jean Todt. Les débuts sont certes prometteurs, la Ferrari de Schumi remporte quelques trophées, dont le très symbolique Grand Prix d’Italie, mais sa monoplace est techniquement nettement inférieure à celle d’autres équipes, et Schumacher finit troisième du Championnat. En 1997, il passe à nouveau très près du titre, et perd la saison suite à un accrochage avec Jacques Villeneuve, accrochage qu’il a lui-même provoqué et qui renforce l’image de bad boy qui colle à la peau du pilote allemand.

C’est surtout de 2000 à 2004 que le tandem Schumacher / Ferrari fera des étincelles. L’année de tous les records sera d’ailleurs 2004, puisqu’il remportera 13 des 18 Grand Prix, et son septième titre mondial.

Le reste de sa carrière, tant chez Ferrari que chez Mercedes, est plus anecdotique, mais il est vrai qu’il est difficile d’égaler de telles heures de gloire.

Omega a eu du flair. Jean-Claude Biver n’y est sans doute pas pour rien. La manufacture de Bienne a misé sur Schumacher dès les premières étapes de sa carrière.

C’est donc depuis 1995-96, dans la perspective de son arrivée chez Ferrari, que Michael Schumacher devient un ambassadeur d’Omega. En 1996, apparaissent ainsi les premières montres d’une longue série, dites « Speedmaster Racing F1 » (référence ST 175.0032.R00 pour la version rouge, présentée ici). Cette montre, tout comme sa sœur jumelle jaune, a été diffusée de 1996 à 1999. C’est le 22 juillet 1996 que Michael Schumacher la dévoile dans les paddocks de la piste de karting de Kerten, en Allemagne. Ce n’est pas une édition limitée, alors qu’Omega est habituellement friand de ce genre de concept.

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Une précision s’impose : les deux Speedmasters Racing Schumi sont bien la rouge et la jaune. Il existe un modèle très proche, bleu, mais ce n’est pas une Schumacher, c’est une Speedmaster « Cart » (Championship Auto Racing Teams). Celle-ci est sortie en 1997, et comprend un petit logo du CART à 6 heures, ainsi que sur la boîte. Il n’y a donc, pour ce modèle, aucune référence directe ou indirecte à Michael Schumacher. Pour la petite histoire, le CART est un championnat américain créé en 1979, qui, après une période de transition, a fusionné avec le championnat rival, l’IndyCar. A en juger par cette page, c’est d’ailleurs un Français, Sébastien Bourdais, qui est le plus titré de tous les pilotes de ce championnat fort méconnu en Europe.

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une photo de la Speedmaster Reduced CART, qui n’a donc rien à voir avec la Speedmaster Schumacher. Crédits old-omegas.com/

Le packaging de la montre

A série spéciale, mais non limitée, packaging particulier. On est loin ici, très loin, de la Moonwatch. Le packaging contient un cahier d’instruction très succinct, la liste des détaillants, une brochure contenant un petit texte de Schumi en plusieurs langues, la carte de garantie au format classique (carte de crédit), et enfin une carte qui explique comment prendre soin du packaging (je n’ai pas cette dernière, pas plus que le packaging original d’ailleurs). Le tout est glissé dans un étui en cuir de type portefeuille frappé de la célèbre lettre grecque. Et l’ensemble est rangé dans une paire de roues de pneus de course automobile. C’est en tirant chacune des deux roues que la montre apparaît. Comme je n’ai pas cet emballage, l’animation ci-dessous est tirée d’internet. Une sorte de petite « béquille » a été prévue, pour éviter que la roue tourne toute seule ! Sur le pneu gauche on trouve l’inscription Omega Speedmaster ; sur le pneu droit, la signature de Schumacher.

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Les différents documents, y compris le mot sympa de l’ami Fana.
Le packaging en action. Crédits de l’animation : fratellowatches.com

Le mouvement

Cette Speed de 1996 embarque un calibre 1141 automatique à 45 rubis, sur base ETA 2890-A2 de 3,6mm d’épaisseur auquel Omega a ajouté un module Dubois-Dépraz 2030. Cet ajout explique pourquoi – et c’est très net lorsqu’on regarde la montre sur la tranche – les boutons poussoirs du chronographe et la couronne ne sont pas alignés. Le calibre 1141 est une version modifiée et rhodiée du calibre 1140. Le 1141 sera lui-même remplacé par un 1143 amélioré dès 1997. Il comprend un échappement à ancre, un balancier monométallique, est équipé du stop seconde.

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Une photo de la tranche, où l’on voit bien le décalage entre les boutons poussoirs du chrono et la couronne.
Le calibre 1141 (et le 1140) est une base ETA 2890-02 auquel Omega a ajouté un module Dubois-Dépraz 2030
Le calibre 1141 (et le 1140) est une base ETA 2890-02 auquel Omega a ajouté un module Dubois-Dépraz 2030

Le cadran

Rien ne fait référence à Michael Schumacher. Il n’y a aucun signe rappelant le pilote Allemand sur le cadran, sur le boîtier, sur le fond de la montre. Le cadran est surmonté d’un verre hésalite. Même si l’ADN des Speedmasters est évident, ne serait-ce que par le tricompax sans date, le cadran comprend toutefois de nombreuses particularités qui le distinguent d’une Speed Pro, outre la couleur bien évidemment. D’abord, elle est estampillée « automatique ». Ensuite, le sous-cadran de la trotteuse est inversé par rapport à la moonwatch ; il est ici à 3h. Par conséquent, le compteur des minutes du chronographe est à 9h (il est à 3h sur la moonwatch). Comme sur la moonwatch, les sous-compteurs sont légèrement creusés ; ajouté au plexiglas légèrement bombé, et à la couleur chatoyante, cette montre a un agréable « relief » et se joue des effets de lumière, comme j’ai tenté de le capturer dans la vidéo ci-dessous.

Une autre particularité, c’est le jeu de couleur des aiguilles. Les trois aiguilles du chronographe sont ici jaunes, couleur qui se marie parfaitement à celle du cadran, et qui rappelle directement la marque italienne. Elles sont rehaussées par un fin marquage de la même teinte sur les index eux-mêmes, qui équilibrent l’ensemble. La séparation des fonctions par le jeu des couleurs des aiguilles, c’est clairement un trait caractéristique des montres de la série Racing.

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Enfin, la trotteuse centrale, et les aiguilles des trois sous-cadrans ont une forme différente de la moonwatch. Elles rappellent clairement les aiguilles du tableau de bord d’une voiture de sport. Quand aux aiguilles heure / minute, elles sont plus larges que sur la moonwatch, et bicolores. Le premier quart de ces aiguilles, en partant du centre, est de la couleur du cadran, les trois quarts restants blancs. La matière luminescente n’est présente que dans la partie blanche des aiguilles. Pour ma part, j’adore le caractère bicolore des aiguilles principales, on a l’impression qu’elles sont en suspension, l’effet est très réussi. L’insert tachymétrique est, lui, identique, à celui de la Speed Pro. cadran

Le Superluminova placé sur les index et les aiguilles est efficace, particulièrement celui des aiguilles. On profite ici à plein de la largeur de celles-ci, supérieure aux aiguilles de la moonwatch.

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Le boîtier

La Speedmaster « Schumi » fait partie de la famille des Speeds « Reduced » ou « Racing », bien qu’elle ne soit pas officiellement rattachée à l’une de ces deux collections. Ce qui signifie qu’elle est de dimension plus modeste que la Speedmaster Pro : le boîtier fait 39mm au lieu des 42mm « classiques ». Ces dimensions plus contenues font que les sous-compteurs, comme sur les Reduced, dépassent un tout petit peu sur le chemin de fer qui constitue l’extérieur du cadran. J’avais une crainte – au final totalement infondée – sur la manière dont j’allais appréhender ce boîtier plus petit que la Speed pro à laquelle je suis habitué. En réalité, ces 39mm passent parfaitement sur mon poignet de 17,5 cm. Le numéro de série est inscrit non pas sur le mouvement lui-même, mais sur l’arrière du boitier. Il n’y a pas d’autre inscription, puisqu’il ne s’agit pas d’une édition limitée.

Les boutons sont classiques, la couronne est siglée du logo Omega. Les poussoirs sont des cylindres en acier polis de 4,5mm de diamètre et ils jaillissent de 5 mm environ au-delà de la lunette. Leur forme en rend confortable la manipulation. Depuis la CK 2998 de 1959, les poussoirs sont équipés de joints toriques en caoutchouc pour en assurer l’étanchéité. La couronne non vissée est de grande taille (6,5mm de diamètre pour une épaisseur de 3,5mm environ), avec la lettre Omega gravée sur la culasse. Elle est en acier massif et intégralement polie.
Elle est crantée sur son pourtour et la préhension en est assez facile.Pour la mise à l’heure, elle est assez dure à tirer sur les deux montres, et il faut de bons ongles pour aller l’attraper. D’une manière générale, tout se passe par en dessous à cause de la lunette qui la recouvre partiellement sur le dessus.Les cornes sont relativement courtes et épaisses, un peu plus courtes, semble-t-il, que sur la Moonwatch. Elle est étanche à 3 ATM.

L’aspect visuel de cette montre à la fois rappelle indubitablement la Speedmaster Pro, et à la fois s’en distingue nettement. Rien de tel qu’une comparaison des deux montres côte à côte (ou plutôt boitier à boiter !) pour se faire une idée :

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Le fond du boîtier ne comprend pas de référence à Schumacher, à la différence d’un modèle ultérieur, qui comprendra, lui, la signature du pilote allemand. On y trouve donc le célèbre hippocampe de la Speedmaster.

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Le bracelet

A sa sortie, cette montre était disponible ou bien en bracelet acier (ref. 1469/811), ou bien en bracelet cuir à la couleur assortie au cadran, avec une boucle siglée. L’entre-corne est de 18mm.

Cette montre est arrivée avec son cuir rouge d’origine, qui n’est pas sans donner un petit côté féminin à celle-ci. A mille lieux de l’image que j’ai de cette Schumi, il est en effet possible, du fait de sa taille relativement contenue, de sa couleur vive, d’en faire une montre tout à fait adaptée à une femme. C’est d’ailleurs, visiblement, l’usage qu’a eu cette montre avant de me parvenir (ou plus exactement avant de parvenir à Fana).

Le bracelet acier donne immédiatement un côté plus viril, mais aussi plus terne à cette montre, et lui convient assez peu je trouve. J’ai tenté un NATO cuir qui me laisse dubitatif, un autre bracelet acier (un NOS de chez Yema), le cuir d’origine, et un rallye nettement plus convaincant. Enfin, pour ma part, dans la continuité de l’excellent Fana, cette Speed Schumi est montée pour l’essentiel sur un cuir Autodromo Stradale qui est, à mon sens, le combo ultime pour celle-ci. Non seulement la couleur matche excellemment bien avec le cadran, mais le relief si particulier des brins, qui rappelle l’intérieur des voitures luxueuses dans les années 70, rehausse encore un peu plus une montre « qui en jette » déjà naturellement. stradale

un petit comparatif lorsqu’on joue à la poupée avec la Schumi :

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Cette montre se trouve relativement aisément sur le marché de l’occasion, à une cote « raisonnable », bien inférieure en tout état de cause à une Moonwatch ou à une série limitée. Elle reste donc relativement « abordable », aussi longtemps du moins qu’elle reste peu prisée des collectionneurs. Toutefois, il est bien clair qu’un collectionneur de Speedmasters, lui, doit avoir au moins un exemplaire de ces montres colorées dans sa boîte à montres.

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