Herma est une marque française, relativement peu connue, en tout cas bien moins que Lip ou encore Yema. La dénomination de cette marque renvoie-t-elle à l’hermaphrodite ? ou encore aux Herma grecs, qui sont des sortes de statues comprenant une tête et des épaules posées sur une colonne, de laquelle ne ressortent que les organes mâles ? Je l’ignore.

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Un herma qui vient probablement de voir Aphrodite.

Herma est une maison d’horlogerie familiale qui fêta son centenaire en 1981. C’est donc en 1881 que les Etablissements Pétolat Frères et Anguenot voient le jour, à Villers-le-Lac, créés notamment par Ulysse Anguenot. Villers-le-Lac jouxte Morteau et Le Locle, et est à quelques encablures de La-Chaux-de-Fonds, hauts lieux, très hauts lieux, de l’horlogerie suisse. La société s’appellera plus tard les Etablissements Anguenot Frères. Les Artisans du Doubs qui ont contribué à forger le tissu industriel du Haut-Doubs ont acquis leur savoir-faire dans des établissements industriels qui ont tissé le paysage économique local.

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Faisant partie du syndicat des « Artisans du Haut Doubs » à Villers-le-Lac, les frères Anguenot, horlogers de père en fils, créent la société des montres HERMA en 1953. La société des montres Herma occupait à Villers-le-Lac le vaste bâtiment dont le rez-de-chaussée abrite aujourd’hui le musée de la Montre.

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Herma a largement coopéré avec la manufacture de mouvements Cupillard également installée à Villers-le-Lac. Dans les années cinquante, les frères Anguenot Robert et Jean, ainsi que Robert junior, installent la nouvelle usine Herma à Morteau. En 1969, Herma intègre le groupe Finhor, élargi l’an suivant à quelques fabricants supplémentaires, au sein du groupe Herma Framelec (Herma, Cupillard-Rième, Lov, Esperanto, Sodexhor, Blind). En 1981, à l’heure du chant du cygne (noir) pour Herma, celle-ci intègre le groupe Matra Horlogerie, puis M.H. Morteau (Doubs). Mais de facto, Herma disparait des écrans radars peu après son centenaire, ou du moins je n’ai retrouvé la trace de cette société, ou du groupe Framelec, ensuite. Un article de presse locale donne toutefois quelques précisions :

L’exercice 1980/81 accuse des pertes d’exploitation de l’ordre de 7 millions de francs. Les directives parisiennes contestées veulent tout ignorer du savoir-faire des anciens entrepreneurs locaux. Marcel Rième qui n’était devenu qu’un des instruments de ce vaste pôle industriel démissionne de ses fonctions en octobre 1981. Trois ans après son départ, Framelec disparaît.

Pour la petite histoire, un certain Richard Mille commença sa carrière au sein du groupe Finhor.

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L’organigramme de la Division Horlogerie de Matra en 1981

Grâce à l’ami Tegrog, voici un cliché récent du bâtiment Framelec de Morteau :

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Herma a produit quelques montres extrêmement réussies – de mon point de vue – et, ça ne sera pas une surprise, je pense essentiellement en disant cela à quelques montres inconiques des années 70, comme celle-ci par exemple :

#watchporn #watchfam #watches #montresmecaniques #montres #herma #chronograph #70s

Ce n’est certes pas ce très désirable chrono, mais je vous présente tout de même ici un avatar de la collection la plus connue d’Herma, Calypso, en version plongeuse des années 70. La gamme Calypso, la plus ancienne de la marque, comprend des montres de tout style, depuis les années 50 environ.

Cette montre de plongée est difficile à dater avec précision, dans la mesure où je n’ai trouvé aucune indication sur le mouvement de la montre. Traditionnellement, Herma embarquait des France Ebauche (cf infra).

Je ne sais pas plus si elle est d’origine, ou si elle comprend des éléments aftermarkets. En faisant une petite recherche sur le net, je n’ai trouvé aucun exemple de modèle identique à celui-ci. Mais j’ai en revanche trouvé sur le CDA un modèle extrêmement proche, à ceci près – et ce n’est pas mince ! – que l’insert de la lunette d’une part, et les aiguilles d’autre part, sont différentes. J’ai l’intuition que l’un de ces deux exemplaires et aftermarketé, mais lequel ? impossible à dire en l’état.

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La mienne à gauche, la version du CDA à droite

La différence d’aiguilles est évidente, mais, je vous l’accorde, la différence d’insert ne saute pas aux yeux. Pour autant, sur la version de droite, l’insert est légèrement plus fin que dans ma version, sur laquelle les chiffres et index sont plus « gras ». Par ailleurs, et cette fois-ci sur les deux versions, je note cette bizarrerie que je ne m’explique pas : l’insert est inversé ! Au lieu de décompter les minutes de plongée dans le sens des aiguilles d’une montre, la lunette la décompte dans le sens contraire ! C’est la première fois que je vois cela, et si quelqu’un peut m’éclairer sur ce point, je suis preneur.

Depuis, j’ai trouvé un autre exemple de combo aiguilles / cadran encore :

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Détaillons un peu cette sympathique montre.

Le mouvement

Grâce à Libellule70 de Montres pour tous (MPT), je sais que le calibre est un France Ebauche 3611, dont voici les caractéristiques techniques (issues de l’excellent Ranfft Watches) :

Features
automatic
sweep second
date: set by changing 19.40-24h

Data
11.5 »’, Dm= 25.6mm, Do= 26.0mm
H= 5.25mm
F= 1.4mm
T= 1.78mm
17 jewels
f = 21600 A/h
power reserve 44…47h (according mainspring)

Balance staff U3292

Stem W3246

Mainspring / battery
1.20 x 10.0 x 0.12 x 325mm
alternatives after manufacturer:
1.20 x 10.0 x 0.115 x 345mm
1.20 x 10.0 x 0.1175 x 335mm

Hands
1.40 x 0.90 x 0.22mm

Remarks
strange: train and hand gear separately driven by the barrel (cf. MSR T43)
This design allows low profile and gives space for a big balance, but it requires high precision and shake-free gears, because so many wheels are involved in the coupling between second- and minute hand.

family/generations:
manual wind/automatic respectively:
3600/3610: –
3601/3611: date
3602/3612: day, date

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Donc c’est du rustique, classique, efficace. Pas de changement de date rapide, mais c’est aussi de l’efficace.

Le cadran

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Des index délicieusement patinés, ainsi que les aiguilles, le tout en parfaite cohérence, voici ce qui saute aux yeux. Quel que soit le jeu d’aiguilles, et il se peut en effet que plusieurs jeux aient cohabité au sein de la même production, celui-ci « matche » parfaitement avec le cadran et c’est bien là le principal. Les index sont entourés d’une sorte de chemin de fer épais composé de gros rectangles, ce qui est plutôt original, réhaussés d’une, de deux ou de trois lignes intérieures qui symbolisent, je présume, le quart d’heure de plongée que l’on retrouve classiquement sur ce type de montre.  La couronne n’est pas vissée, ce qui est, en revanche, pas du tout cohérent avec l’ensemble.

Le boitier et le fond

Le boitier a une forme relativement large, et de type plus ou moins coussin. Très agréable au porté, il donne visuellement à cette montre, qui ne fait jamais que 36mm de diamètre sans la couronne, une sensation de présence au poignet bien plus forte que nombre de ses homologue de la même époque. Elle est par ailleurs peu épaisse et légère.

Le fond comprend une petite gravure d’homme grenouille qui me fait furieusement penser au « Dude » des Vostok Amphibia. Il est réhaussé d’un « 100% waterproof », ce qui est bien le minimum pour une plongeuse, mais ce qui ne signifie à peu près rien non plus. Ce n’est pas étonnant en l’absence de couronne vissée.

_MG_6111.jpgVoici quelques photos « brutes de décoffrage », au moment de l’arrivée de la montre, avant tout nettoyage. Après celles-ci, j’aborderai, volontairement en toute fin d’article, un point qui me parait bien mystérieux et qui a trait à la société Herma. Toute précision que vous pourrez apporter est la bienvenue !

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Le mystère Herma

Herma a donc été créée en 1953, en tant que marque, avant de disparaître dans les limbes des consortiums industriels du tout début des années 80. Pour autant, lorsqu’on fait une recherche sur internet de modèles emblématiques de cette marque, outre ceux que j’ai évoqués plus haut, on tombe aussi régulièrement sur ceci (il y a d’autres exemples sur le net, j’en ai d’ailleurs d’autres sur un autre ordinateur, je les posterai dans les prochains jours) :

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voici un exemple des Herma qu’on peut trouver sur eBay, dans la plus parfaite illégalité du reste
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Un autre exemple

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Je n’ai pas réussi à trouver la clé de ce mystère. J’ai donc ébauché plusieurs hypothèses, que voici :

  • ou bien cette marque Herma n’a rien à voir avec le Herma créé dans le Haut-Doubs au début des années 50. Et c’est par pure coincidence qu’un fabricant de montres durant la seconde Guerre Mondiale porte le même nom de celle-ci. Même si l’INPI n’existait peut-être pas à l’époque, admettez avec moi que la probabilité de prendre exactement le même nom qu’un autre fabricant, qui plus est un nom aussi particulier, de manière fortuite est à peu près invraisemblable. De plus, le caractère sulfureux au possible de ces montres du IIIe Reich rend l’hypothèse du hasard impossible.
  • ou bien Herma ne date pas du tout de 1953 mais existait déjà du temps de la guerre. Que je sache, même si le Doubs était en zone occupée et pas en terre allemande comme l’Alsace et la Moselle, il y a eu en effet nombre d’entreprises françaises (et des plus connues, comme Renault) qui ont travaillé pour le pays occupant. Il n’est donc pas du tout impossible qu’une fabrique de montres ait produit dans ces années noires des montres à l’effigie des SS, des divisions de Panzer, ou de telle ou telle unité de Waffen-SS. Mais, si tel est le cas, cela signifie donc que l’historiographie officielle qui présente cette marque est totalement tronquée, et que, comme X-Files, la vérité est ailleurs. Je peux comprendre qu’on ne mette pas spécialement en avant un passé sulfureux, mais de là à mentir totalement sur l’origine et le passé de cette marque, il y a un pas.
  • ou bien Herma date bien de 1953, et, peut-être par accointance avec les nostalgiques du IIIe Reich, ou pour répondre à des commandes de groupuscules néo-nazi, a produit après sa création des montres commémoratives. Je n’ai aucun élément qui me permet d’attester une telle thèse, particulièrement accusatrice, et je ne vais donc pas m’y livrer ici. De plus, si je devais dater au doigt mouillé l’exemple de montre présenté ci-dessus,  je dirais qu’elle me parait plutôt avoir été fabriquée dans les années 40 que dans les années – mettons – 60.

Si vous avez des idées / des informations, il va de soi que je suis tout à fait preneur.

 

ADDENDUM DU 1er DECEMBRE 2016

Je reprends ici une discussion du forum Montres pour Tous, avec d’importants éclairages apportés par un descendant direct de la famille Anguenot.

Re: Herma Calypso, une plongeuse des 70s

Messagepar roa135 » 29 Nov 2016, 19:07

Quelques éléments correctifs concernant le groupe Anguenot Frères et la marque Herma.
Je suis Robert Anguenot Jr figurant en médaillon sur la publicité Framelec.

Mon arrière grand-père, Ulysse Anguenot, créa son entreprise en 1881 à Villers le lac pour la fabrication de montres de poche après avoir eu un atelier de plantage d’échappements.
Il eut 15 enfants et 5 d’entre eux firent carrière dans l’horlogerie dont Paul et André qui reprit la société Petolat à Besançon et Marius qui poursuivit l’activité d’Ulysse Anguenot et eut beaucoup de succès avant guerre avec la marque Judex.

En 1919, deux de ses fils Alfred (mon grand-père) et Gaston créèrent la société Anguenot Frères pour la fabrication et la commercialisation de garde temps. A l’époque, ces sociétés vendaient les montres sans marque ou à la marque du client(private label)
Un de leurs clients allemands s’appelait Hermann et Anguenot Frères lui livrait des montres à son nom. Ce client fit faillite pendant la guerre et sa marque était disponible. Mon père Robert Anguenot eut donc l’idée en 1947 de lancer la marque Herma qui vient de Hermann sans les n (consonance trop « allemande »)

A la mort de Gaston en 1953 , mon père reprit la direction de la société et son cousin Jean, fils de Gaston, le rejoint quelques années plus tard.
Le groupe prit son essor dans les années 60 et la société LOV (« Lac ou Villers  » ancien nom de Villers le lac) de la famille Lambert fut intégrée dans la société Anguenot Frères.

En 1969, c’est la naissance de la Holding FINHOR regroupant la société de production, assemblage et emboitage, appelée Sodexhor et les sociétés commerciales France et export avec les marques Herma, Lov, Anguenot et Jaz notamment.

En 1972, le groupe commercialise la première montre française LCD dont le fournisseur est la société américaine Gruen et en 1975, c’est l’arrivée des montres LED. Au milieu des années 70, FINHOR emploie 250 personnes et produit plus de 600.000 montres par an ce qui en fait un des principaux fabricants de montres français.A cette époque, la notoriété de la marque Herma se situe au niveau de Lip et Yema.

La révolution du quartz oblige les fabricants à trouver des solutions de regroupement et en 1978, sous l’égide de Jaz , Framelec voit le jour entre le groupe FINHOR et le groupe CVR (Cupillard, Vuez, Rième ) de Morteau. En 1980, la société Montrelec qui avait été créée en 1971 entre plusieurs fabricants français pour la fabrication des montres à quartz analogiques rejoint le groupe Framelec.

Puis , c’est en 1981, que l’état demanda à Matra d’investir dans l’horlogerie, la société Matra Horlogerie voit le jour avec les activités de Framelec, Yema et Jaz principalement. Ils décidèrent de rationaliser les marques et arrêtèrent les marques Herma, Lov et Cupillard-Rième ce qui s’avéra être une grosse faute. Matra étant plus doué pour le spatial et l’armement et beaucoup moins pour l’horlogerie, ils décidèrent de vendre leur activité horlogère à Hattori-Seiko en 1984. Compte tenu de pertes de plus en plus lourdes, cette activité cessa à la fin des années 90. Triste fin.
Voilà comment on détruit une industrie grâce à l’interventionnisme de l’état.

– Richard Mille : mon père a recruté Richard à sa sortie de l’IUT de Besançon en 1974. Il fut agent export sur les marchés Asie et Moyen-Orient d’abord pour Finhor, puis Framelec et Matra Horlogerie. Il fut ensuite Directeur de l’activité Montres de Mauboussin avant de créer sa propre marque en 2001 avec le succès que l’on sait.

– Montre Calypso: ce modèle de plongée fut lancé en hommage au commandant Cousteau et était équipé du mouvement France Ebauche 3611 qui devint le 4611 puis le 5611.

– Au début des années 70, Herma lança une famille de 3 chronos, le modèle Le Mans pour la course automobile, le modèle Le Bourget pour l’aviation et le modèle Les Glénans pour les régates. Ils étaient équipés du mouvement chrono suisse Valjoux puisque les fabricants d’ébauches français ne fabriquaient pas de chrono.

 
———

Herma et la Famille ANGUENOT

Messagepar ChP » 29 Nov 2016, 22:06

Merci M. Robert ANGUENOT Junior,

merci d’avoir mis des mots sur les images et de combler nos demandes.
ci-dessous quelques images qui devraient vous donner du baume au cœur….

une question, A. ANGUENOT, successeur de BENOIT à Besançon Rue Denfert-Rochereau était de la même famille que vous ???

 » – Au début des années 70, Herma lança une famille de 3 chronos, le modèle Le Mans pour la course automobile, le modèle Le Bourget pour l’aviation et le modèle Les Glénans pour les régates. Ils étaient équipés du mouvement chrono suisse Valjoux puisque les fabricants d’ébauches français ne fabriquaient pas de chrono. « 

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Ce chronographe que je n’ai jamais rencontré, entre mes mains (eh oui !!!! dommage, mais je ne désespère pas, N’Est-ce pas M. Robert ANGUENOT JR) est animé par le calibre Büren Chronomatic 12
(crédit Tic68) Image

JRGK sur le pont Jean Raoul Gorgerat Kelek, créateur de la marque KELEK (je vous en parle sous une rubrique KELEK)
automatisme à microrotor
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une que l’on ne rencontre pas souvent

Herma électromécanique ESA 9168
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FE 233-69

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trouvé sur la toile, cela date de 2013
c’est quoi ce site Herma Anguenot, la marque a été rachetée ?
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aMi :super: calement

Dernière édition par ChP le 01 Dec 2016, 14:28, édité 1 fois.
—————-

Re: Herma Calypso, une plongeuse des 70s

Messagepar roa135 » 30 Nov 2016, 17:25

Hello CHP,
Merci pour ces documents très intéressants, tout y est les montres, les publicités , les articles de presse et même les buvards…
Le seul A. Anguenot que je connais est André Anguenot mort en 1936 à Besançon. C’était le frère de mon grand-père Alfred et il fit également carrière dans l’Horlogerie à Besançon. Je me rappelle que mon père me disait qu’il était le pionnier de la vente par correspondance d’articles horlogers et était à l’origine de la marque Difor qui fut reprise par la famille Dauphiné.
Herma a acheté des mouvements chronos sans doute Buren à la société Kelek de la Chaux de fonds et j’ai rencontré Mr Gorgerat à plusieurs reprises.
Par contre cette fameuse montre électromécanique ne me dit rien.
Je me suis renseigné à l’INPI pour savoir ce qu’était devenue la marque Herma et j’ai appris qu’elle avait été rachetée en 2013 par une madame Casta.
Je lui ai écrit voici quelques semaines pour avoir des renseignements mais je n’ai pas eu de réponse à ce jour.
Amicalement.
———————–

Herma & Lov, c’était l’Amour aussi

Messagepar ChP » 01 Dec 2016, 14:04

cliquez sur la vignette

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comme je sais que vous aimez ces chronographes

je vous fais un geste d’A …….. mitié

Chronomatic micro rotor article de 1970

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