J’ai récemment évoqué l’histoire des chronographes, à propos de la Seiko 6138-0030 Kakume, ainsi qu’au sujet de l’Omega Speedmaster 125. Nonobstant le caractère fort intéressant de ces montres et des mouvements qu’elles embarquent, lorsqu’on parle chronographe, on pense plus spontanément aux poids lourds que sont le Valjoux 7750 ou encore le Lemania 5100. Voire au Calibre 11 chrono-matic. Tout ça c’est bien, mais c’est de la technique. En réalité, me semble-t-il, l’avantage du chronographe, ce n’est – pour la plupart d’entre-nous – non pas son potentiel d’usage, qui n’a jamais intéressé personne (à part pour faire cuire un oeuf dur) et est franchement désuet à l’ère du smartphone, mais son potentiel esthétique. La présence de sous-compteurs, la complexité du cadran que le chronographe permet, offre une palette de possibilités aux designers sans commune mesure avec le banal cadran à 3 aiguilles.

Je voudrais donc ici vous parler chronographes. Et évoquer tout particulièrement, parmi ceux-ci, une sous-famille extrêmement recherchée et esthétique, celle des cadrans « panda », qui alternent un fond blanc avec des sous-compteurs noirs, ou l’inverse. Ces cadrans attirent immédiatement l’oeil, ont une forte présence, ont même un côté quasi hypnotique. On parle en général de cadran panda lorsque trois sous-compteurs sont présent, à 3h, 6h et 9h, symbolisant les deux yeux et la bouche de ce placide mammifère. Parfois, il ne s’agit que de deux sous-compteurs, à 3h et 9h, qui symbolisent alors les deux yeux de notre animal chinois. On désigne, enfin, du terme de « reverse panda » ou panda inversé, le cadran noir sur lequel se posent des sous-compteurs blancs ou très clairs. Je ne parlerai ici que des chronos panda « classiques », les reverse panda pourront le cas échéant faire l’objet d’un billet ultérieur.

En premier lieu, un constat. Il existe certes encore de nos jours quelques chronographes au cadran panda, comme vous le verrez dans la sélection ci-dessous, mais force est de reconnaitre que la mode de ce type de cadrans se situe pour l’essentiel de la fin des années 60 au milieu des années 70. Avec en particulier une marque, figure de proue des chronographes, qui en a fait une sorte de trait distinctif, Heuer.  Et avec, aussi, une version particulière et extrêmement recherchée d’un modèle ultra-emblématique, la Daytona de Rolex. Mais en poussant le regard un peu plus loin, on peut trouver d’innombrables chronographes à cadran panda. Je vous propose donc ici une petite sélection, tout sauf exhaustive bien évidemment. Je n’exclue pas de compléter cet article au fur et à mesure de mes pérégrinations, alors, comme on dit, stay tuned !

1969 Hamilton Chrono-Matic

Il faut bien commencer par quelqu’un. Bon, je sais, je devance vos critiques potentielles. Je ne suis pas objectif. J’adore non seulement les montres des années 70, mais aussi le Calibre 11 chrono-matic, et la quasi totalité des montres qui embarquent ce mouvement. Ce cadran équilibré par deux sous-compteurs, la date à 6h, et cet incroyable équilibre des boutons poussoirs du chrono à droite, et de la couronne à gauche. Un must. On y reviendra. L’inconvénient principal des montres embarquant ce mouvement, c’est leur prix. On pense à Heuer, à Breitling, et la cote de ces montres, qui n’a jamais été faible, s’envole année après année. Heureusement, le Calibre 11 se trouve aussi embarqué dans des montres de marques un poil (voire nettement) moins prestigieuses. C’est le cas, sans chercher à l’offenser, d’Hamilton.

Hamilton a fait partie du consortium qui a développé le Calibre 11 en 1969, on l’oublie parfois. Cette société americano-suisse a ainsi produit, pendant peu de temps et en petite quantité, le chronographe dont il est question ici. Avouez qu’il est beau. Très très beau.

Hamilton Chronomatic From 1969
Credits Hodinkee

De taille contenue, cette montre est constituée d’un boîtier extrêmement simple et cylindrique, monté sur des cornes courtes et droites. L’énorme et épais verre hésalite posé sur le boitier donne à cette montre un look tout à fait spécial, et cool. Ce cadran est parfaitement équilibré (jusqu’au guichet dateur, de la couleur inversée du cadran, et encadré d’un trait noir très fin). Le blanc du cadran est certes devenu beige avec le temps, pour la plupart des modèles restant en circulation, mais quelle présence, quel équilibre ! Du très grand art.

Cette chrono-matic n’est pas une « Carrera du pauvre », comme on l’appelle trop souvent. Elle a une personnalité propre, et est même largement aussi rare que son illustre consœur de Heuer. Je ne sais pas vous, mais moi, je la kiffe grave cette Hamil’.

Omega Speedmaster 3569.31 / Mitsukoshi

Puisque je sais ne pas être objectif, autant jouer franc jeu. La Speedmaster est non seulement mon chronographe favori, mais c’est aussi ma montre préférée, et de loin. Alors forcément, quand ce chrono emblématique croise la route d’un panda, le cocktail fait des étincelles !

Dans la lignée de la DD 145.0022 de 1981 (Speedmaster au cadran or et aux sous-cadrans blancs), Omega a produit au fil du temps plusieurs chronographes de la gamme Speedmaster en version « panda ». Je ne prétends pas être exhaustif, mais en voici quelques-uns.

Ainsi en 2003, et spécifiquement pour le marché japonais, sort la Speedmaster « Mitsukoshi », 300 exemplaires qui se sont arrachés en quelques jours ! A telle enseigne qu’elle est aujourd’hui très très difficilement trouvable, que les versions qui circulent sur le net sont presque toutes des Speeds classiques moddées (je n’ai rien contre le fait de modder une montre, une Seiko, une Vostok ou même une Omega ; il faut simplement que vous sachiez bien ce que vous achetez pour pas vous faire berner).

Omega Speedmaster Pro Moon Mitsukoshi Custom
Crédits Stewmorley

Pourquoi, au fait, cette Speed s’appelle-t-elle communément « Mitsukoshi » ?

La réponse nous est fournie par le site Heuerville. En 2003, Omega lance une petite (toute petite) production de 300 exemplaires d’une Speedmaster panda, en partenariat avec une grande enseigne japonaise, Mitsukoshi. C’est une enseigne de « department store », en bon français un « grand magasin » comme les Galeries Lafayette ou le BHV par exemple. Cette enseigne détient du reste une chaîne de restaurants japonais, présente dans le monde entier. Cette montre n’était, en 2003, disponible que dans les magasins Mitsukoshi, tous situés au Japon – bien qu’une poignée de collectionneurs aient réussi à en acheter quelques exemplaires depuis l’étranger. Autant vous dire que les 300 pièces ont été épuisées très rapidement.

Un an plus tard, voyant le succès dément de la Mitsukoshi, notre manufacture bien-aimée de Bienne sort une Speedmaster 3569.31 Apollo 11 35e anniversaire, plus accessible (bien que limitée à 3 500 pièces). C’est visuellement à peu près la même montre que la Mitsukoshi. On trouve relativement facilement, aujourd’hui encore, ces Apollo 11, sur le CDA, FAM ou ailleurs. Cette montre a un cadran blanc / argenté, et les index et sous-compteurs sont noirs. Particularité : Omega a appliqué des bâtons polis et argentés pour les index, et non pas des rectangles de matière luminescente, bien plus classiques et comme on en trouve sur la Speedmaster Moonwatch. On n’attendait certes pas ici des bâtons de lume, qui se seraient fondus avec la couleur du cadran, mais des rectangles noirs ou cerclés de noir auraient paru plus évidents. Cela étant, cette montre est tout à fait cohérente, puisque le logo Omega est lui-même appliqué, comme cela ne se faisait plus depuis les années 70. La différence la plus nette entre la Mitsukoshi et 3569.31 est l’ajout d’un texte rouge : « July 20 , 1969 » juste en dessous du logo.

Cette montre est une réussite visuelle. Une de plus pour Omega. Elle complète admirablement bien une Speedmaster classique, de type « moonwatch ». Par ailleurs, elle réussit le tour de force d’être plutôt habillée, en tout cas bien moins « sportive » que la plupart de ses consœurs présentées ici. Son aspect plutôt brillant sied à ravir à cette montre, alors qu’il collerait bien moins, me semble-t-il, à une Speedmaster traditionnelle. Enfin, lorsque je vois la nouvelle Speedmaster Silver Snoopy Award, je lui trouve un air de ressemblance évident, à part bien évidemment les sous-compteurs, qui sont pour la Snoopy version 2015 de la même couleur que le cadran.

Omega Speedmaster Date Panda

Dans la famille des Speedmasters, il y a d’innombrables sous-familles ! (reduced, coaxial, ’57, broad arrow, racing)… et aussi la Speedmaster Date. Celle-ci, qui existe du reste en de multiples versions, propose une version panda fort intéressante. Un poil plus petite que la Moonwatch (40mm), la Speed Date est aussi nettement plus sportive, avec ses touches de rouge sang. Elle embarque le mouvement Omega 3304, automatique, basé sur le Valjoux 7753. Mais attention ! Ce mouvement fait partie d’un des rares produit par Omega de nos jours à être certes automatique, mais pas coaxial.

Omega Panda watch on tan bas and lokes handmade leather watch strap

Pour ma part, je trouve ce modèle très beau, à un détail près. Mais de taille. Le guichet de date est proprement hideux, comme quasi tous les guichets placés à 4h30. Opinion tout à fait personnelle, cela va de soi.

Omega Speedmaster The Legend

Toujours dans la famille Speedmaster, je demande à présent The Legend. Comme vous le savez si vous avez lu ce billet, l’univers de naissance de la Speedmaster, c’est la course automobile, pas du tout l’espace. Dans les années 90, Omega a renoué avec les origines de la Speedmaster, sous le haut patronage de l’immense Michael Schumacher. En 2003, pour célébrer la 6e victoire en championnat du monde F1 du pilote allemand, Omega sort The Legend, dans une édition limitée à 6 000 pièces seulement. D’un diamètre de 42mm, The Legend utilise le même boitier asymétrique que la Moonwatch. Mais elle embarque le mouvement Omega 3301, automatique, basé sur le calibre Piguet 1285. C’est un bon cran au-dessus du mouvement précédent. Le calibre 3301 embarque une roue à colonne. Il est certifié chronomètre. Enfin, un peu à la manière des Broad Arrow, The Legend contient un guichet dateur, à 6h. Ce modèle, sans être rarissime, n’est tout de même pas très facile à trouver en bon état, et « full set ».

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Speedmaster Reduced 3510.21

Voici une superbe Speedmaster Reduced, réservée initialement au marché japonais, au calibre Omega 3220 (ETA 2892-A2), automatique, au verre plexiglas, et à 39mm de diamètre :

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Omega Speedmaster « SpeedieTuesday »

Il s’agit certes d’une panda « inversée », et les chronographes panda inversés feront l’objet ultérieurement d’un billet spécifique, mais je ne résiste tout de même pas à l’envie de mentionner ici la Speedmaster SpeedieTuesday, sortie début 2017, et disponible à la vente exclusivement via le net. 2012 exemplaires sont produits, en marge et en référence au phénomène « speedietuesday » qui agite les réseaux sociaux et en particulier Instagram, à l’initiative de nos amis de FratelloWatches. La double particularité de cette Speed, c’est d’une part les chiffres concentriques des sous-compteurs (vieille réminiscence d’une Speed de la fin des années 70), et d’autre part la luminescence de ces mêmes sous-compteurs. J’envisage de rédiger, du reste, un article spécifique sur ce chronographe très plaisant.

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Universal Geneve Compax “Nina Rindt”

Connaissez-vous Nina Rindt ? C’était la femme d’un pilote de légende des années 60, Jochen Rindt, lequel d’ailleurs portait aussi, au quotidien, une Heuer Autavia (on y reviendra). Cette Universal Genève est visuellement parfaite. C’est le meilleur équilibre possible, selon moi, auquel un chronographe panda peut parvenir. Je crois bien ne pas être le seul à le penser, car sa cote est, pour les collectionneurs, particulièrement élevée, et peut sans problème flirter avec les 20 000 €. Gloups.

Universal Geneve Compax so called "Nina Rindt"

Même si elle semble proche d’autres modèles présentés ici, cette UG comporte suffisamment de particularités pour en faire un modèle des plus désirables. Les cornes sont bombées, comme sur la Polerouter, autre modèle emblématique de la marque. La montre est plus fine que ses consoeurs, 36mm seulement. Elle embarque un mouvement manuel Valjoux 72, comme sur la Carrera, ou sur la Daytona. L’inscription « compax » au-dessus du sous-compteur à 6h rappelle furieusement l’inscription de la Daytona, mais on retrouve ce type d’inscriptions sur les chronos Universal Genève des années 40 et 50 (on en viendrait presque à penser que c’est Rolex qui a copié, mais je ne veux pas faire ici mon troll outre mesure). La police des sous-compteurs est tout à fait particulière, et extrêmement réussie à mon sens. Il s’agit de caractères fins, dont le sens épouse le tour des sous-cadrans, dans un style bauhaus très réussi. Le sous-compteur 3/6/9 est un modèle du genre. Les aiguilles centrales sont larges et extrêmement visibles. Elles sont laquées et brillantes, avec un peu de lume dedans. La trotteuse complète cet ensemble, mais en étant bien plus mince. Enfin, les sous-cadrans ne sont pas de bêtes aiguilles, mais des sortes de rectangles blancs, et ça c’est audacieux, cool, badass. Cette montre est terrible. Vraiment.

Heuer Carrera 2447SN

Allez, passons, comme promis, à Heuer. Bon, là, on tape direct dans le lourd. Qui dit chronographe, a fortiori vintage, dit forcément Heuer Carrera. Un mythe, qui embarque lui aussi un Valjoux 72. C’est une icône du design, une montre qui réussit comme très peu le tour de force d’être à la fois sportive et stylée, aussi à l’aise en sportwear qu’en smoking.

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Crédits Jeff Stein

Comme vous le constatez, le cadran n’est pas pas exactement blanc, mais plutôt gris argenté. Ce qui étonne dans ce cadran, et on ne peut pas dire que les successeurs de ce chronographe ont respecté cet adage, c’est son côté minimaliste, quasi bauhaus. Rien n’est superflu. Rien n’est redondant. La lunette est vierge. Le rehaut ne comprend aucune indication chiffrée. Les marqueurs principaux, appliqués, sont rehaussés par des points de lume idéalement placés. Les trois sous-compteurs sont minimalistes aussi, et strictement identiques à deux chronographes cultes, la Rolex Daytona et l’Omega Speedmaster, avec la même police de caractère. Police qui donne à l’ensemble un style très sportif.

Entièrement polie, aux cornes courtes, cette Carrera est une totale réussite. Au poignet, ses petits 36mm se portent agréablement et ne choquent pas du tout, au regard des standards modernes. C’est un graal, ni plus ni moins. Un de plus, chez Heuer.

Heuer Autavia 1163T “Jo Siffert”

Quand on met dans une même phrase les mots « graal » et « Heuer », on pense forcément à lui. Là, accrochez vos ceintures. Voici le top du top des chronos panda. Le plus beau, le plus grand, le plus fort. Dedans, c’est le fameux Calibre 11, sorti en 1969. Devenu Calibre 12 peu après. Dehors, c’est la look agressif de l’Autavia, sa lunette tournante, son format tonneau de 42mm. Alors que la Carrera des années 60 était une montre sportive mais chic, distinguée et discrète, l’Autavia est un monstre de virilité, une bête extravertie. The Beast. Le prolongement de la voiture de course que le propriétaire d’une Autavia se devait d’avoir.

As promised, the Siffert. Enjoy the count down. Happy New Year IG! 🎉👏🙏 #2016 #watcheswithpatina #heuer #autavia #1163T #watch #watches #mensfashion #menswear #menstyle #luxurywatch #luxury #watchfam #watchpic #watchnerd #watchdaily #watchma

La 1163T c’est la montre d’une star des circuits de Formule 1, Jo Siffert. La particularité de ce cadran, c’est la présence, discrète et en même temps bien là, de touches de bleu roi. Les index sont appliqués et facettés, avec des pointes de lume à l’extrémité. Toutes les 5 minutes, les index sont prolongés par des pointes bleutées du plus bel effet. Seuls les deux sous-compteurs contiennent des chiffres, à 3h et à 9h. Les aiguilles, typiques Heuer, sont ce qui se fait de mieux en matière de sportivité horlogère. Elles contiennent, elles aussi, une touche de bleu roi à leur extrémité, à l’exception de la trotteuse, qui est entièrement bleue. Bien qu’il s’agisse indiscutablement d’une panda, ces touches bleutées donnent un côté sport et dynamique particulièrement prononcé à ce chronographe.

Bon, le seul inconvénient de cette montre, c’est sa rareté. Et donc son prix. En guise de lot de consolation (on fait ce qu’on peut), il est vrai qu’il existe de nombreuses autres itérations de l’Autavia, à des tarifs certes non négligeables mais tout de même plus raisonnables. Mais ce ne sont pas des panda !

Heuer Carrera Calibre 18 Telemeter

Sortie en 2015, la Carrera Calibre 18 Telemeter, est une néo-vintage qui arbore le logo Heuer, dans un boitier de 39mm. Ce cadran bicompax est argenté, pas blanc. Il arbore des sous-compteurs noirs dans la plus pure tradition Heuer. Les index polis appliqués ont un côté totalement désuet et absolument réussi. Deux points faibles à mon sens, cela dit : d’une part le guichet dateur en fond blanc, alors que cette montre n’a rien de blanc (il eût été préférable  d’avoir un fond noir, comme sur l’Hamilton) ; d’autre part le mouvement, le Calibre 18 n’est qu’un Sellita SW300 auquel a été ajouté un module Dubois-Depraz. Ce mouvement n’est pas mauvais, mais il doit encore faire ses preuves.

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Heuer Camaro 1960

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Alpina Startimer Chronograph GMT

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Rolex « Paul Newman » Daytona

On ne peut pas parler de chronographe panda, sans parler de la Daytona Newman. C’est la plus connue des pandas. La plus recherchée et la plus chère aussi. Un must-have. Que tout le monde connait. A la différence de la Heuer, la Rolex est moins « sage ». Son design est plus agressif, plus original, plus « trapu ». Elle a un côté excentrique, qui fait fureur de nos jours, alors qu’il jouait plutôt contre cette montre en son temps. Elle a pendant longtemps été la mal-aimée des Daytona, à tel point que certains clients demandaient même à Rolex de changer le cadran pour abandonner ce fichu panda et adopter un look définitivement plus conventionnel !

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Crédits 

On a l’impression ici que les sous-compteurs flottent sur ce cadran immaculé. Des sous-compteurs aux index si particuliers. La lunette tachymétrique qui semble s’ouvrir sur l’extérieur. La touche de rouge sur certains modèles, tout cela est très particulier, très maitrisé, très réussi. La police de caractères aussi : large, raffinée, à l’exact opposé des modèles précédents. Tout cela distingue immédiatement la Daytona de toutes ses concurrentes.

Cette Daytona est l’une des dernières itérations de la grande époque de Rolex, celle d’Hans Wilsdorf. Avant l’Explorer II, qui marque l’arrêt définitif de toute innovation chez Rolex, en terme de design comme de contenu. Je sais, je fais encore mon troll, pardonnez-moi.

La Daytona est née en 1963, et embarquait un Valjoux 23, puis un 72. En 1969, la Daytona remporta un succès énorme, initié par Winning, un film dans lequel joue Paul Newman et qui se déroule lors la course automobile des 500 miles d’Indianapolis. Un public parfaitement adapté et réceptif, un produit  admirable, un acteur immense et admiré : la machine est lancée ! La montre Daytona « Paul Newman » voit le jour et est propulsée au rang d’icône, comme son représentant. Aujourd’hui hors production, ce modèle est devenu le graal des collectionneurs et peut atteindre des sommets en termes de prix.

Même si cette montre a des proportions idéales, très travaillées, elle me laisse toujours un goût bizarre. J’ai du mal avec le style très maniéré qu’elle dégage, et qui me parait à l’exact opposé du côté sportif de l’Hamilton ou des Heuer ci-dessus, ainsi que de pas mal de montres ci-dessous. De plus, la cote vertigineuse et irrationnelle atteinte par cette montre me fait passer mon chemin sans hésitation. A la rigueur, et sans provocation excessive (mais un peu quand même), l’hommage fait par Alpha me parait largement suffisant. Il embarque un mouvement chinois Seagull SG2903 qui fait correctement le job, a une roue à colonne et n’est pas du tout moche avec son fond transparent.

Alpha Daytona Paul Newman

Zenith/Movado El Primero

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Breitling 2110 Chrono-matic 1969

Le Calibre 11 date de 1969. Le 3 mars exactement. Il a été développé par un consortium animé par Buren, mais comprenait en son sein, outre Hamilton et Heuer déjà vus ci-dessus, Breitling. Le 2110 Chrono-matic est donc l’alter ego, le jumeau, de l’Hamilton et de l’Autavia (notamment). Ce chrono est au moins aussi rare que ces deux-ci. Visuellement, le chrono-matic se rapproche plus de l’Autavia que de l’Hamilton. Son style racé et sportif est totalement assumé.

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La où l’Autavia mettait une touche de bleu roi, la Breitling met une touche de rouge sang. Sur le guichet dateur, sur les aiguilles centrales,  sur le sous-compteur totalisateur des minutes. En particulier, les aiguilles d’heure et minute, dans le plus pur style Heuer soi dit en passant, attirent immédiatement le regard et donnent même à cette montre un côté hypnotique. Les index noirs appliqués ont à leur pointe un carré de lume. La lunette, étrangeté, est de type plongeuse, et est doublée à l’intérieur du cadran par une seconde échelle de type UPH (unités par heure, en gros la même chose que le tachymètre, mais cette formulation fleure bon le temps des montres à gousset). Un cadran bien entendu à l’équilibre parfait, comme tout Calibre 11 qui se respecte. Encore une fois, un incontournable.

Seiko 6138-8020

Je ne cache pas mon amour pour les chronos Seiko, le combo deux compteurs / jour / date en particulier (6138), comme la Kakume l’illustre. Dans cette famille, il y a un panda tout à fait intéressant, le 6138-8020. Ces chronos Seiko (6138 et 6139) sont si agréables, bon marché, variés, qu’ils sont indispensables pour tout collectionneur.

La particularité des chronographes Seiko, c’est d’avoir des sous-compteurs verticaux, à midi et à 6h. Voilà une belle illustration de la totale différence d’approche de design entre les Nippons et les Helvètes. SEIKO 6138-8020 "CHRONOGRAPH AUTOMATIC "  PANDA -NOVEMBER  1972 & STELUX BRACELET #VINTAGE #WATCH #WATCHES #WRISTWATCH #seikowatch #seikojdm #seikospeedtimer #seiko5sportsspeedtimer #seiko5sport #SEIKO #car #seiko6139 #seiko6138 #seikopepsi  #seikoautomat

Des sous-compteurs noirs, une échelle tachymétrique interne noire, ceci est conforme au design panda classique. Aucun chiffre sur le cadran principal, de petites pointes de lume au bout des index, tout cela nous rappelle la Carrera. L’équilibre parfait est trouvé par une opposition entre le logo Seiko et la littérature à 9h, et les guichets date/jour à 3h. Une pointe de rouge sur l’aiguille du chronomètre (il n’y a pas de trotteuse) vient rehausser l’ensemble.

Comme pour la Carrera, le cadran n’est pas tout à fait blanc. Il est plutôt gris opalin, légèrement strié avec un brossage vertical très léger. Ceci donne une sorte de profondeur particulière à cette montre, et renforce sa sportivité. J’adore pour ma part les aiguilles d’heure et minute, en forme de seringue. La lisibilité de cette montre, plus chargée que les précédentes, est donc encore parfaite. Du grand art.

Avec ses 41mm, cette montre était clairement grande à l’époque, et tout à fait dans les standards contemporains. La cote somme toute modeste de ces chronographes en fait un produit vintage encore accessible et au plaisir garanti.

Seiko SDGZ013

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Après une Seiko vintage, voici une Seiko moderne. Vous trouverez la revue de Dom ici, celle de Joe . Ces revues sont si complètes et bien faites que je ne vois pas ce que j’ai à ajouter. Ah si : cet « hommage » à un modèle produit dans les seventies est une série limitée à 500 exemplaires dans le monde, elle a été produite pour le 50ème anniversaire de la marque, mais seulement 25 pièces pour la France étaient initialement disponibles. Je crois que face au succès rencontré par ce chronographe dans l’hexagone, le chiffre a été considérablement revu à la hausse… Le mouvement 8R48 est excellent. La finition exemplaire.

Tout d’abord ce qui frappe avant même d’avoir la montre dans les mains, c’est le verre. Y a un problème y a pas de Verre! Plus sérieusement, le verre Saphir est son traitement super clair est tout simplement bluffant (je comprends mieux la remarque de Dom), c’est la première montre en ma possession ou je peux faire des photos dans toutes les situations et sans filtre polarisant, aucun ou presqu’aucun reflet, autant dire que c’est super agréable au quotidien pour la lecture du cadran.

Et plus loin, toujours Joe dixit :

Ah ce cadran… un mélange de couleur noir, blanc, gris… un mélange de textures, du lisse, du strié,… de jolie sous cadrans avec des décrochement qui donne du relief à ce cadran. La grosse différence avec son ancêtre (6138-8020), les sous cadran sont placés différemment et surtout un cadran supplémentaire celui des secondes qui se démarque encore plus que le reste du cadran, certain trouve que ça gène, perso je m’y suis bien fait…
Malgré tout un petit souci sur ce cadran, le dateur… dommage il manque de lisibilité, trop petit et enfoncé qui donne des ombres sur la date et qui le rend difficilement lisible.

Longines Heritage 1973

Longines est depuis quelques temps déjà le grand spécialiste des rééditions et hommages d’un catalogue immense et étourdissant. Swatch Group, propriétaire de la marque, semble faire de Longines une marque « musée » plutôt qu’une marque contemporaine, ce qui n’est certes pas très mobilisateur pour l’avenir, mais ça a aussi des avantages pour qui aime le vintage. Et justement, cette Longines fleure bon les années 60-70 ! L’année 1973, pour être tout à fait précis.

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Le cadran de la Longines est tout à fait similaire à la montre originale, avec des sous-compteurs à 3h et 9h, des index rectangulaires noirs et une double échelle (horaire et tachymétrique) interne très orientée sport. La seule différence avec la version originale, c’est l’introduction d’un sous-compteur à 6h, mais il a été habilement atténué par sa couleur parfaitement identique au fond du cadran, et ne saute donc pas aux yeux. De loin, donc, on a l’impression de voir une montre à deux sous-compteurs, dans le style de l’Autavia.

La forme du boitier, de type coussin, est proche d’une autre Heuer, la Camaro. Cette Longines 1973 a été élargie par rapport à l’original (37mm), en un 40mm plus contemporain.

Affichée au prix public de 2 500€, cette montre reste donc (relativement) accessible pour qui veut un chrono (néo-)vintage panda. D’autant qu’à ce prix-là, vous avez une roue à colonne, ce qui est extrêmement rare…s

Movado M95, « l’obèse »

Les chronographes Movado des années 60 (M90/M95) sont relativement rares, et disposent d’un boîtier épais qui en fait leur marque de fabrique. On trouve même sur certains modèles des aiguilles dites « serpentine », mais ce n’est pas le cas du M95 Panda présenté ici. Cette montre fait 12 mm d’épaisseur, plexiglas inclus, pour seulement 34 mm de diamètre, ce qui lui a valu d’être surnommée « the fat watch » par son fabricant lui-même, dans des publicités d’époque. C’est une belle alternative aux modèles parfois bien plus connus mentionnés ci-dessus.

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Movado Datron HS360, qui embarque un Zénith El Primero :

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Enfin, je termine ce bref billet par quelques autres panda, dont je vous fournis l’illustration à défaut de détailler les caractéristiques de chacune de ces montres :

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Une Vulcain panda suffisamment rare pour que j’aie du mal à trouver des informations pertinentes : 

Une Vulcain de la fin des années 60, animée par un Landeron 248, avec un cadran gris acier, 36,5mm de diamètre :

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Des Wakmann proches au niveau du cadran, mais avec des boîtiers bien différents (valjoux 7734 semble-t-il, ou valjoux 236, à remontage manuel), 37,5mm de diamètre :

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To be continued…

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