C’est l’histoire de celle qui aurait pu être, et qui n’a jamais été.

Tout le monde connaît – quasiment jusqu’au grand public – la Speedmaster Professionnal, celle que l’on nomme la « moonwatch », celle de la conquête spatiale, et qui est en quelque sorte une « mark I », bien qu’aucune de ces deux dénominations (moonwatch et mark I) ne revête le moindre caractère officiel (encore que… cf. infra : Omega s’est appuyé sur le terme de moonwatch pour communiquer sur sa montre ; par ailleurs, on trouve des catalogues officiels des années 70 qui mentionnent explicitement le terme « mark I »).

Et il y a face à elle, de l’autre côté du ring, l’objet du présent billet. La mark II (c’est son vrai nom, pas un surnom de passionnés), sous-titrée Professionnal elle aussi, comme la « mark I ».

Sans titre

Professionnal, cela signifie en langage Omega, montre utilisée par la NASA pour les missions de type Gemini ou Apollo. Omega n’avait pas le droit de mentionner explicitement la lune, la NASA, le gouvernement américain, les astronautes, mais pouvait librement apposer sur le cadran de ses montres le terme de « professionnal ».

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Puisque la mark II est qualifiée officiellement de « professionnal », c’est donc qu’elle est allée dans l’espace et/ou sur la lune ? Et bien, pas vraiment. Autant vous le dire d’emblée : il y a loin entre les ambitions affichées par Omega pour ce modèle, et la réalité de son usage « professionnel ». C’est pour cela que j’intitule ce billet consacré à la mark II « celle qui aurait pu être… mais qui n’a jamais été ».

Remontons le temps. C’est en 1969 que sort la Speedmaster mark II Professionnal – la seule, avec la Moonwatch et la mark IV, et quelques mark III, à être affublée du qualificatif de « professionnal« .

Voici les spécifications générales de cette montre :

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La mark II a été produite en six versions différentes. Et non en trois, comme affirmé ici. Ce n’est certes pas la première fois, mais je me vois contraint une nouvelle fois de  contredire mon maître absolu, Chuck Maddox, ce qui me désole. J’ai pour lui une admiration sans borne, et un profond respect pour le travail qu’il a accompli toute sa vie durant. Mais j’assume mes objections. Voici donc, selon moi et par ordre de rareté estimée, les six versions de la mark II (exception faite de la réédition de 2014, dont je parlerai en conclusion de ce billet) :

  • la ST 145.014 en version « full noire », cadran et échelle tachymétrique, avec un boitier en acier de type « tonneau », mais qui reste, malgré cela, une montre très proche, visuellement, de la Moonwatch. Etanche à 12 ATM et produite à partir de 1969. La mienne, que je détaillerai plus bas, fait partie de cette première famille.
  • la ST 145.014 en version « racing », sur laquelle le cadran est cerclé d’un damier alternant les carrés orange/rouge/gris, le long du chemin des minutes. Fatalement, cette version s’éloigne visuellement nettement plus que la première de la Moonwatch traditionnelle. L’échelle tachymétrique est, elle, la même que la version noire. Elle a été produite aussi à partir de 1969.
  • la BA 145.014 en or massif 18 carats (cadran en or et boitier en or), avec une échelle tachymétrique à la couleur un peu funky, de type violacé ou bordeaux. Elle a été produite à partir de 1969.
  • MD 145.0034 plaqué or, produite à partir de 1972. Cette version n’est étanche qu’à 6 ATM.
  • Attention à ne pas confondre la version précédente avec la BA 145.0034, qui n’est autre que la nouvelle référence de la BA 145.014 de 1969, mais avec tout de même une différence notable, la résistance à l’eau (6 ATM seulement pour la BA 145.0034).
  • la ST 145.0037, dite « Téléstop », produite à partir de 1974, et qui comporte un déclencheur automatique, une sorte de télécommande de Speedmaster, si j’ose cette métaphore. On dirait un poulpe.

Il convient de noter que lorsqu’on parle des références Omega (c’est vrai pour toutes les gammes, pas pour les seules Speeds), il faut abandonner tout espoir de simplicité. En particulier, ce n’est pas parce qu’il existe plusieurs générations de Speed mark quelque chose, qu’elles s’enchainent dans un ordre chronologique impeccable.

Ainsi, par exemple, les références 145.0034 et suivantes sont certes produites sous le libelle de mark II à partir de 1972, mais alors même que la mark III est – elle même – déjà sortie depuis 1971, ce qui peut paraître illogique. De manière analogue, la toute dernière référence, 145.0037, est certes toujours une mark II mais elle est produite en parallèle à la… mark 4.5, et un an après la mark IV ! Ne croyez donc pas, comme je le pensais jadis benoîtement pour ma part, que les numérotations des mark évoquent une quelconque chronologie. La chronologie correspond à la sortie initiale de chaque modèle, mais la réalité des versions successives est bien plus complexe ! Sans parler d’autres Speedmaster qui, sans être baptisées « mark », peuvent néanmoins se ranger dans cette catégorie, la 125 par exemple !

Suivre les méandres des références Omega, et tenter de reconstituer la timeline des sorties des années 70 relève de l’exploit, et promet de rendre fou ! Je ne suis d’ailleurs pas loin de l’asile, croyez-moi ! (enfin, je veux dire, si jamais vous en doutiez, hein)

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Voici un essai de timeline des Speeds mark. Il est imprécis, je n’ai pas pu faire mieux, alors pas la peine de m’attendre à l’orée du bois avec un gourdin, hein…

Comme cette timeline n’est pas très lisible sur tous les navigateurs, le plein format est ici.

Apparemment, Maddox dixit, une version en or circulerait sur le net associée avec une lunette noire, version très réussie d’ailleurs, pour ne pas dire plus belle que la version or/bordeaux-qui-tend-vers-le-marron-sale qui a un côté très suranné. Mais il ne m’est pas possible à ce stade d’attester du caractère officiel ou non de cette dernière combinaison, qui pourrait tout autant être l’oeuvre d’un moddeur certes fou, mais de bon goût.

Chuck Maddox, toujours lui, dans son article consacré aux Speeds « mark », indique qu’en effectuant des recherches, il a mis le doigt sur (ce qu’il nomme à tort) « une quatrième variante de la mark II ». Celle-ci aurait un « anneau des minutes multicolore, en lieu et place de la lunette tachymétrique ». Je ne comprends pas ce qu’il veut dire, et je vois pas de quelle mark II il pourrait s’agir… Si d’aventure un gentil lecteur pouvait m’éclairer, et bien je serais preneur.

Bref, voici ci-dessous une illustration de cinq des six variantes de la mark II (j’ai regroupé les deux versions « full gold » en une seule image, car la BA 145.014 et la BA 145.0034 sont visuellement strictement identiques).

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Veuillez noter ici que Chuck, auteur de cette photo et de sa légende, s’est pris les pieds dans le tapis : la 145.012 est une Speed « mark I », nouvelle référence de la 105.012, la première Speed mark I à avoir l’inscription « professionnal » sur le cadran ! La montre en photo ici, c’est une 145.014 au cadran « racing ».
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La MD 145.0034 en plaqué or véritable, plus bling bling, ben y’a pas
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La BA 145.0034 en or massif, il parait qu’elle pèse une tonne, plus encore que la Speed Pro Apollo XI de 1969 en or massif également !
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La 145.0037 « Téléstop », alias la Speedmaster poulpe.

Et pour mémoire, voici un tableau récapitulatif de l’ensemble des Speedmaster mark et assimilées :

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The eagle could have landed : l’aigle aurait pu se poser…

Aux dires de Jean-Luc Miranda, qui s’occupe de la division « vintages » du musée Omega à Bienne, le 14 février 1969, le directeur commercial d’Omega, Robert Forster, accompagné de son délégué commercial pour les USA, Peter Morf, se sont rendus au siège de la NASA à Houston. Ils sont accueillis au Manned Spacecraft Center par James Ragan, ingénieur en chef de la division de fournitures des équipages. Pleinement satisfait, pour ne pas dire enthousiasmé par les performances de la Speedmaster, celui-ci repousse pourtant l’offre des deux représentants de Bienne.

C’est paradoxal. Mais quel était donc le deal avancé par Forster et Morf ?

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Ces derniers ont proposé aux responsables du programme spatial américain de faire de cette mark II dont il est question ici une « alternative » aux moonwatch, pour remplacer progressivement ces dernières dans la dotation des astronautes.Muni d’un verre minéral, la mark II présentait d’indéniables avantages. Forster et Morf ont proposé aussi  un plan B, alternatif. A défaut de remplacer la Speed traditionnelle par la mark II, la moonwatch pouvait l’être par une version spécialement réglée sur l’heure lunaire (journée de 672 heures, soit 28×24 heures terrestres).

Ces deux propositions sont pourtant rejetées par la NASA. Pourquoi ? Parce que celle-ci ne pouvait retarder son programme, inscrit dans des contraintes calendaires extrêmement serrées. Elle ne pouvait pas se permettre le luxe de décaler une seule étape de son planning le temps de réaliser une nouvelle batterie de tests sur cette évolution pourtant pertinente de la Speedmaster.

Marco Richon fournit une explication un tout petit peu différente, je vous la livre :

Apollo accéléré exige que tout le matériel qui, jusqu’alors, a donné pleinement satisfaction, soit maintenu sans aucune altération quelconque. Or le temps manque pour soumettre de telles nouveautés à tous les examens requis par les règlements !

Cela sous-entend donc d’une part que la Speed « mark I » homologuée par la NASA ne pouvait faire l’objet d’aucune modification ultérieurement à l’homologation, sauf à tout reprendre à zéro. Et d’autre part que toute nouvelle homologation, d’une mark II par exemple, doit subir l’intégralité des tests, sans pouvoir brûler la moindre étape !

Cette version officielle n’est pas contestable, faute d’éléments contraires. N’empêche. On ne comprend pas bien pourquoi la NASA, qui travaillait certes sur le programme Apollo alors au firmament (la mission Apollo XI n’aura lieu que quelques mois plus tard), mais aussi sur les programmes suivants (Skylab et ISS, navettes spatiales habitées, …), ne se serait pas donnée du temps pour procéder à une nouvelle certification officielle pilotée par sa division tests. En 1969, il était absolument certain que pendant 10 ans au moins, le programme spatial américain serait développé (et tel a été le cas). Pourquoi diable la NASA n’aurait-elle pas anticipé les choses aussi au niveau des instruments portés par les astronautes ??

Une batterie de tests aussi drastiques que ceux de la NASA ne s’étalait jamais que deux ou trois ans, ce qui laissait largement le temps de lancer une nouvelle vague d’homologations, quitte à n’avoir du matériel opérationnel qu’en 1972 ou 1973.

Il me semble donc qu’il y a quelque chose de manquant dans la version officielle, bien que je ne puisse strictement rien affirmer.

Chuck Maddox (et oui, encore lui) et Owain Blackwell ont également interrogé Miranda sur un autre point. Je vous livre ici l’échange :

Question : le terme « mark » (version, évolution, … en français) suggère généralement que des améliorations sont apportées au regard de la version précédente. Justement, est-ce que les améliorations de la mark II (verre minéral, meilleure résistance à l’eau) ont été réalisées avec le programme spatial à l’esprit ?

Réponse : Ces améliorations ont été apportées à plusieurs montres de la même période, sans qu’Omega ait spécialement le programme spatial à l’esprit ..

Bim. Dans les dents. Je trouve la réponse un peu « raide ». Et pas forcément exacte. A part pour la gamme Seamaster, je ne vois pas bien l’équivalent des améliorations apportées par la mark II dans les autres gammes Omega.

J’ai lu, enfin, ici le commentaire suivant :

Il semble que la montre a tout de même fait partie de certaine missions mais Omega s’est bien gardé de communiquer sur ce fait pour des raisons de marketing évidents.

Les raisons sont peut-être évidentes, mais elles ne le sont pas à mes yeux ! Pourquoi diable Omega se serait-elle privée de faire un double strike, en communiquant à la fois sur le caractère indestructible et homologué de la moonwatch, et sur le caractère tout autant indestructible de sa petite sœur ? J’avoue rester perplexe.

Le mouvement

Toutes les variantes de la mark II produites depuis 1969 embarquement le même mouvement 861. Ce mouvement est aussi celui qui équipait, à l’époque, la Speedmaster Professionnal « mark I » depuis quelques mois seulement. Le calibre 861 (autrement dit le Lemania 1873) est un archi-classique de l’horlogerie, efficace et sans souci. Vous trouverez ici un photo-reportage sur la manière de le réviser.

Le 861 est lui-même une évolution du mythique mouvement Omega 321 (ou Lemania 2310, ou encore 27 CHRO C12) à roue à colonne que l’on retrouve sur les premières Speedmaster. Le 861 a été développé par Lemania à partir de 1965 et est opérationnel à partir de 1968. C’est à partir d’octobre / novembre 1968 que le 861 remplace progressivement le 321 dans les Speed « mark I », puis est donc embarqué à partir de 1969 dans les mark II.

Omega Speedmaster Mark II 1972-1973

Par conséquent lorsque le prédécesseur du 861, le 321, se balade pour la première fois sur la Lune, le 861 a donc déjà largement plus d’un an d’âge. La NASA effectuant des tests drastiques, le 861 ne pourra se rendre dans l’espace qu’au début des années 70. Il embarque nombre de nouveautés, a une fréquence plus élevée, une construction plus simple, notamment pour le mécanisme du chronographe. De nombreux réglages, jusque-là indispensables, deviennent désormais superflus. Le 861 n’est du reste pas qu’une version simplifiée du 321 ; c’est aussi une version améliorée, réalisée dans le but d’augmenter ses performances et de rationaliser sa fabrication en séries toujours plus grandes compte tenu du succès lui-même grandissant de la Speedmaster.

Le 861 est plaqué de la même couleur que le 321, en or rose (ou un alliage de cuivre ?). Le 1861, qui succède au 861 à partir de 1997, sera, lui, couleur acier. Par ailleurs le calibre 861 peut être en 17 rubis ou en 18 rubis (les 17 pour les plus anciens) tandis que le 1861 « moderne » est forcement en 18 rubis. L’empierrage de 17 à 18 rubis a été fait car Oméga s’est aperçu que certains utilisateurs de chronographe se servaient de l’aiguille comptabilisatrice du chrono comme d’une trotteuse en la faisant tourner en permanence, d’où, lorsque c’était le cas, une usure accélérée de la roue qui entraîne cette aiguille. Elle a donc était empierré pour palier cette éventualité. Le 18° rubis se trouve, sur l’illustration suivante, au milieu du cercle violet. Ici, le 861 photographié est en 17 rubis et ne comporte donc pas ce fameux 18°.

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un autre 861 à 17 rubis
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A contrario, le mouvement 18 rubis 1863 d’une Speedmaster Pro contemporaine, à fond saphir

Cette bascule du 17° au 18° rubis semble précéder de quelques années le passage au rhodiage. Apparemment aux environs de 1992-93. Bien après la sortie de la mark II, donc. Mais cela concerne plusieurs millésimes de Speedmaster Pro « mark I ». Je ferme la parenthèse empierrage.

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Bien qu’il reconnaisse que le calibre 861 soit esthétiquement moins réussi que le 321, Marco Richon (dans l’incontournable Omega Saga, chapitre 6) rappelle quelles sont les améliorations du 861 comparativement à l’ancien modèle. Les voici :

  • la roue à colonnes du calibre 321 est remplacée par une came, ou « navette ». Cet organe représente un net progrès aux points de vue construction (meilleur ajustement), fonctionnement (plus régulier et plus doux), durée de vie (disparition du problème de l’usure des colonnes) et fabrication industrielle (assemblage plus facile).
  • Le bloqueur en acier de la roue du compteur de secondes est remplacé par un blogueur en matière synthétique. Celle-ci permet de mieux amortir les chocs du bloqueur contre la roue en question, et d’éviter toute déformation par écrasement de sa denture. A noter ici que, dans les versions luxe avec fond saphir qui verront le jour dès 1980, le bloqueur sera toujours en acier, pour des raisons d’aspect esthétique.
  • Le balancier à vis avec spiral Bréguet 18 000 alternances par heure du calibre 321 est remplacé par un balancier annulaire Glucidur à spiral plat à 21 600 A/h. Ce qui lui vaudra une précision encore plus élevée.

Il ajoute :

Il y a donc beaucoup plus à se féliciter de la transformation du 321 en 861 qu’à s’en lamenter. Car ses avantages sont indéniables. Même si ce n’est pas tout à fait l’avis des puristes du tout acier et autres inconditionnels de la roue à colonnes ou du balancier à vis !

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L’ensemble des fiches techniques du calibre 861 sont disponibles ici.

Le boitier

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Il s’agit d’un boîtier tonneau deux pièces, étanche à 12 ATM (sauf les quelques références de 1972 mentionnées plus haut), avec un fond vissé. Le verre est minéral et ne dispose donc pas du fameux logo Omega en son centre (ce logo se retrouve uniquement sur la version au verre hésalite. Oui, hésalite. Plexiglas, quoi…).

Le boîtier est globalement brossé avec un effet poli sur les tranches. Le brossage soleil autour du cadran est absolument magnifique. La montre a un aspect massif et sportif très « années 70 », et est en cela parfaitement congruent non seulement avec sa date de naissance, mais aussi avec les autres mark ou assimilées.

On ne peut que constater la proximité de design du boitier de la mark II, avec celui de la mark IV (et la référence 176.012 qui fait partie de la famille des mark 4.5).

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Ami lecteur, 4 tonneaux se cachent dans cette photo. Sauras-tu les retrouver ?

Le cadran

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Le cadran comprend un compteur de petite seconde à 9 heures, un compteur des 12 heures à 6 heures et un compteur des 30 minutes à 3 heures, sans oublier les aiguilles centrales du chronographe. Rien que du très classique, identique à la Speedmaster Professionnal traditionnelle. A noter que l’échelle tachymétrique fait partie intégrante du verre et doit donc faire l’objet d’un changement lors du remplacement éventuel dudit verre. On ne peut donc pas dire à proprement parler que cette montre comprend une lunette.

Le fait que cette échelle tachymétrique soit apposée au verre minéral à d’autres conséquences potentielles. En cas de glissement du verre, c’est toute l’échelle qui se déplace également ! Ceci ne semble pas si rare que cela, d’après mes pérégrinations sur les fora. La preuve en image (une parmi d’autres), d’une échelle décalée :

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La couronne

Le poussoir du haut déclenche et stoppe le chrono, la remise a zéro s’effectue avec le poussoir du bas. La couronne en elle-même est siglée du célèbre logo au symbole grec. Elle est identique à la Speedmaster Professionnal.

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Crédit photo ChezJoe

Le fond

Le fond est décoré du fameux hippocampe. Celui-ci est surmonté du titre de la gamme « Speedmaster », ce qui ne laisse pas de me rendre perplexe, puisque d’autres Speed mark, la mark 4.5 par exemple, sont elles intitulées « Seamaster » au-dessus de l’hippocampe.

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oui, je sais, j’aurais pu nettoyer le fond avant de prendre la photo.

Le bracelet

Le bracelet spécifique, conforme à ce modèle, est référence 1162/173. Il fait 20mm de largeur. Il ne diffère de son cousin de 1162/172 (qui équipe les mark III ou IV) que par sa largeur (22mm pour ce dernier, contre 20mm pour le bracelet de la mark II). Ces bracelets ont tous une finition satinée. Le endlink est évasé à 23,60mm pour mieux épouser la forme du boiter tonneau.

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Mon exemplaire

La Speedmaster mark II en ma possession provient de l’ami ChezJoe. Elle est en parfait état, a été révisée récemment. Son certificat d’authenticité mentionne une date de naissance au 6 avril 1973.

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La cote

Les Speedmaster mark « quelque chose » ne sont pas parmi les plus cotées des Speedmaster. Grosso modo, comme les versions Racing, Date, Reduced et tutti quanti, on les trouve au moment où j’écris ces lignes entre 1000 et 1800€. Rarement au-delà. Ce qui en fait d’excellentes affaires potentielles au regard de la progression incroyable de la cote de la Pro « mark I », si d’aventure elles suivent un jour le même chemin. Ce qui est tout à fait possible.

Toutefois, parmi les mark, la mark II est probablement la plus haut cotée. Vous démarrez pour un modèle imparfait à 1500€, pour ensuite dépasser les 2000€ pour des versions rares (type Téléstop, vous savez, la Speedmaster poulpe) ou en état NOS. Bien entendu, les versions en or massif se situent à un tout autre niveau, et dépassent fièrement les 10 voire 15 000 €.

Omega Speedmaster Mark II

Apparitions

Dans un film sorti en 1974, intitulé Un Homme voit rouge, de Casper Wrede, avec Sean Connery et Ian McShane, ce dernier porte une Speedmaster mk II. Il est le chef d’un gang de terroristes qui prend un avion britannique en otage en Scandinavie. Le chef de la police militaire, le colonel Tahlvik (interprété par Connery), est chargé de négocier et libérer les otages de l’avion. Mais un autre problème surgit, lorsque la résidence de l’ambassadeur de Grande-Bretagne est également assiégée par un autre groupe de terroristes…

Conclusion

Jusqu’à quand la mark II « historique », pas la version moderne, a-t-elle été produite ? Pas si simple que cela de se faire une idée précise. Si j’en crois l’ami Michel, dans sa revue portant sur la version « racing », il indique que

La Speedmaster Mark II a été produite sur une période relativement courte de 1969 à 1971.

J’en doute fortement. La mienne datant de 1973, il y a donc manifestement un hic, un bug, une couille dans le potage. Parmi les références mentionnées plus haut, certaines sont d’ailleurs produites en 1974.

Donc, la question mérite d’être reposée : jusqu’à quand la production de la mark II s’est-elle étalée ? Impossible d’avoir une réponse précise. Il faut visser sa lampe de spéléo sur son front, chausser la loupe de Sherlock Holmes, et partir à la quête aux bribes d’informations. Voici le fruit, modeste, de mes recherches.

On trouve la mark II dans ce catalogue de 1974 :

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A noter que le terme soi-disant officieux de « mark I » se trouve dans ce catalogue officiel Omega !

On la trouve aussi dans ces deux catalogues de 1975 :

p28
même remarque que précédemment !

p123 On la trouve encore dans ce catalogue de 1976 : p56 Après, j’ai perdu sa trace… On nous parle ici d’une production arrêtée en 1975. Pourquoi pas. Ça parait tout à fait possible.

Omega a ressorti en 2014 la mark II, dans une version contemporaine au calibre coaxial. Par rapport à l’original, la nouvelle mark II (référence 327.10.43.50.06.001) est un peu plus grande, son boîtier tonneau en acier mesurant maintenant 42,4 mm de corne à corne. En outre, la nouvelle Speedmaster mark II embarque un tout autre mouvement (3330 coaxial automatique), avec la complication date à six heures, et il y a aussi des mises à jour subtiles portant aussi bien sur la conception du cadran que sur celle du bracelet.

A noter que cette « néo-mark II » ne s’appelle plus vraiment mark II ! Le cadran, comme vous pourrez le constater ci-dessous, ne comprend en effet ni l’inscription « mark II », ni même celle de « professionnal ». Omega lui a préféré les termes « co-axial » et « chronometer » (puisqu’il s’agit d’un mouvement titulaire de la certification COSC). C’est pas mal non plus, à la fois complémentaire et différent de la version originelle. Cette néo-mark II existe comme sa grande soeur en version à cadran noir, à cadran racing, et en version Rio 2016 (sous-compteurs cerclés bronze / argent / or, vive les JO Olympiques, comme disaient les Nuls). Sans titre Vous trouverez de belles photos de la mark II version 2014 ici, sur le forum Omega.

Liens intéressants

Et maintenant… place aux photos !

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