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Introduction

La fin des années 50 et le début des années 60 représentent une période extrêmement prolifique pour Omega. En particulier l’année 1957, grosso modo l’équivalent de 1953 chez Rolex, avec la sortie de deux gammes absolument emblématiques, aujourd’hui encore, la Speedmaster et la Seamaster. Il y a donc un avant et un après 1957.

Vous savez que je n’aime pas spécialement parler de l’aspect technique des montres, les réduire à un cadran, un boitier, des aiguilles. Je préfère et de très loin raconter des histoires, connues ou méconnues, autour de ces montres ou à l’origine de celles-ci. Je vais donc une nouvelle fois tenter de vous conter une petite histoire, sans me prendre toutefois pour Alain Decaux ou Pierre Bellemare ! L’histoire que je vais donc conter ici a un lien direct avec cette fameuse année 1957. Plus exactement, avec le versant Seamaster de l’année 1957. Pour autant, elle ne constitue pas la partie la plus connue – et c’est un euphémisme – de la gamme Seamaster, que de nombreux modèles emblématiques émaillent pourtant depuis plus de cinquante ans (citons pêle-mêle les Seamaster 120, 300, 600, Ploprof, Planet Ocean, Spectre, Blakexpedition, …). Ce n’est pas l’objet de ce billetn mais si, au passage, vous voulez mieux vous familiariser avec la gamme Seamaster « classique », je ne saurais trop vous conseiller, à ce propos, la lecture du chapitre que Marco Richon lui consacre.

Parlons-en, justement, de ce chapitre de Marco ! Loin de moi l’idée de critiquer l’immense travail réalisé. Néanmoins, et visiblement, à la lecture dudit chapitre consacré à la gamme Seamaster d’Omega – et c’est une carence à mes yeux tout à fait majeure et préjudiciable – le pourtant excellent Marco ne dit rien, pas un mot, nada, niente, nichts, sur la gamme dont je vais vous parler, la gamme Chronostop. Bien qu’elle ne relève pas à titre exclusif de la famille Seamaster, mais mord également sur la famille « Omega Genève », la Chronostop a enrichi la Seamaster d’avatars tellement emblématiques que cet oubli se doit désormais d’être corrigé. Je vais donc tenter de m’y employer (modestement et probablement imparfaitement).

1966. L’année durant laquelle Fidel Castro réunit, à la Havane, une conférence internationale qui vise à fédérer les pays du tiers monde contre le bloc occidential et celui du Pacte de Varsovie. 1966. Une petite dizaine d’années, donc, après la sortie de la Seamaster. 1966. L’année durant laquelle Omega décide de créer une montre dite « Chronostop » ou « Stop-seconde », sur la base d’un nouveau calibre Lemania : le calibre 865 . Pour l’anecdote, ce calibre n’est rien d’autre qu’une version simplifiée du célébrissime calibre 861 qui équipera les modèles Speedmaster et aussi les mark II à partir de 1968. C’est en quelque sorte le brouillon du futur et célèbre 861, dont le fils, le 1861, équipe encore en 2016 les Speedmaster mécaniques à remontage manuel.

La Seamaster Chronostop, car c’est son petit nom, c’est en quelque sorte un chronographe simplifié, à remontage manuel. Simplifié car il ne comprend que trois aiguilles. C’est donc en quelque sorte un moyen de chronométrer le temps, et donc une fonction chronographe, sans toutefois avoir les sous-cadrans et même les fonctionnalités habituelles d’un chronographe classique. Il n’y a, ainsi, qu’un seul poussoir pour lancer la trotteuse, l’arrêter et la remettre à zéro. En clair, on appuie sur le poussoir pour lancer la trotteuse du chrono. On appuie à nouveau (et on tient le poussoir pressé ! – et non le poussé pressoir, ça n’a rien à voir !!) pour arrêter le chrono et lire le temps mesuré. Enfin, en relâchant le poussoir que l’on a pressé, la trotteuse est instantanément remise à zéro et permet ainsi le départ d’une nouvelle mesure. Il n’y a donc pas de sous-compteur totaliseur des minutes du chronographe. Si vous avez besoin de mesurer un temps supérieur à 60 secondes, et bien vous devrez compter les minutes écoulées par vos propres moyens, en faisant appel à votre mémoire et à votre concentration ! Il n’y a donc pas d’aiguilles des secondes, mais uniquement une trotteuse de chronographe, sur ce type de montres. C’est austère, basique, efficace, et puis voilà. Si vous aimez les sacs d’aiguilles… passez votre chemin. Ici, on fait dans le rustique, point barre !

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1968, deuxième date clef. Ce n’est pas que l’année des révoltes estudiantines en Europe et aux Etats-Unis. C’est aussi l’année durant laquelle le calibre 865 sera complété par le calibre 920 , identique au premier mais bénéficiant d’un calendrier. Cet ajout peut paraître mineur. Mais il s’accompagne d’un changement de stratégie de la part d’Omega. Le Chronostop version 1968 change de famille et d’esthétique, innove encore, non seulement par son design, mais aussi par ses fonctionnalités. Je détaillerai tout cela plus bas, bande d’impatients !!

Avant-dernière date importante, 1969. Non, ce n’est pas seulement la mission Apollo XI bien connue des habitués de ce lieu ; ni même du seul concert de Woodstock (Hahh Jimi Hendrix ! Hahh Joan Baez ! Hahh Janis Joplin !). Non, c’est aussi l’année qui voit l’introduction par Omega d’un autre calibre, dérivé de ses deux prédécesseurs, le calibre 930 , bénéficiant lui aussi d’un calendrier mais avec en plus un totalisateur 30 minutes (les premiers calibres n’ayant aucun totalisateur, ils étaient par conséquent destinés à des mesures de temps assez courtes).

Enfin, en 1970, on change d’univers, pour se retrouver chez Don Patillo, les pizzas et le mascarpone. Le calibre 920 (celui de 1968, faut suivre !!) sera emboîté dans une montre à destination du seul marché italien. Forza Chronostopi !!

Je termine ces propos introductifs par une information que je n’ai pas vraiment pu vérifier. Il aurait, apparemment, existé un prototype de Chronostop. Il avait la couronne placée à 3h. A l’occasion d’une compétition organisée par la Swiss Watch Federation de Montréal, en 1966, ce prototype aurait reçu la « mention honorable » dans la catégorie « chronographes sportifs ». C’est cette distinction qui aurait fini de convaincre Omega de produire en série ce type de montres. J’emploie le conditionnel faute d’éléments précis sur ce prototype et cette anecdote.

Histoire et références

Plusieurs types de boîtes seront utilisés par Omega pour développer son concept de Chronostop, avec certes plusieurs calibres, mais aussi plusieurs familles de modèles. Comme toujours donc, bienvenue dans le royaume merveilleux de la simplicité façon Omega. Ou pas. 

Chronologiquement, le premier modèle sortira dans la gamme Seamaster, en 1966. Le design est innovant, sportif et conforme aux codes couleurs de l’époque, avec sa trotteuse centrale orange et son cadran gris anthracite à graduations blanches.

Deux références distinctes seront ainsi introduites dans la famille Seamaster, toutes deux en 1966 :

  • la référence 145.007, à lunette intérieure fixe :
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La 145.007 à lunette tachymétrique fixe
  • la référence 145.008, avec une lunette intérieure tournante actionnée par une couronne située à 10 heures. Cette couronne est visuellement typique des plongeuses contemporaines et rappelle furieusement, probablement involontairement, les valves à hélium que l’on retrouve de nos jours sur les avatars contemporains des montres de plongée d’Omega (Planet Ocean et 300M) :
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La 145.008 à lunette tournante et sa couronne à 10 heures

Ce sont ces deux références qui vont être développées plus bas, et qui font l’objet du corps principal de ce billet.

En 1967, la ligne Chronostop sera transférée dans la collection Genève. Cette collection est plus « entrée de gamme » que la collection Seamaster. Je ne sais pas quelles ont été les raisons de ce choix. Peut-être les références de 1967 se sont-elles moins bien vendues que ce qu’espérait Omega. Alors il fallait procéder à un repositionnement tarifaire. Et celui-ci ne pouvait s’envisager au sein de la gamme Seamaster, d’où son transfert dans la gamme Genève. La Chronostop version 1967 est lui aussi déclinée en plusieurs versions :

  • sans date (référence 145.009), classique, sobre, épurée, visuellement proche des versions Seamaster :

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  • sans date mais cadran décalé de 90° (référence 145.010) :

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  • avec date (référence 146.009) :

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  • avec date mais cadran décalé de 90° (référence 146.010) :

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Comme vous le constatez, sauf à être vraiment très très peu observateur, les références 145.010 et 146.010 étaient assez… spéciales. Elles avaient la particularité d’avoir un cadran décalé de 90°, et d’être conçues pour être portées sous le poignet, de manière à favoriser la lecture de l’heure et des temps mesurés tout en conduisant, d’où leur surnom de modèles « driver ». Des montres pour les conducteurs, les automobilistes, quoi. Je me permets toutefois de mentionner ici un commentaire très personnel : je trouve que cette manière de porter sa montre cadran à l’intérieur à un côté très féminin, pour ne pas dire efféminé, qui, s’il ne me pose aucun problème en soi, me parait se marier assez mal avec la volonté d’en faire une montre de conducteur sportif à la virilité assumée. Bref.

Il ne faudrait pas croire que l’entrée des Chronostop dans la gamme Genève marque un tournant définitif, et que la gamme Seamaster est abandonnée pour ce type de montres. En 1969, la famille Seamaster sera au contraire complétée par l’apparition d’un modèle extrêmement original, au cadran de type rallye (référence 146.011), avec une boîte trapézoïdale avec couronne et poussoirs à midi. Sa forme rappelant une tête de taureau lui vaudra le surnom de « bullhead » par les collectionneurs anglo-saxons. Cet OHNI (objet horloger non identifié) est certes rattaché de nos jours à la gamme Seamaster, mais je dois tout de même préciser qu’il ne porte pas cette mention sur son cadran. On pourrait donc, tout aussi bien dire, que cette bullhead ne fait ni partie de la gamme Seamaster, ni partie de la gamme Genève. Mais de la gamme « extravagance et n’importe quoi ».

Ouais. Ma gamme préférée.

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Faites entrer la vachette

Outre sa forme, ce modèle utilise donc le calibre 930 et bénéficie ainsi d’un totalisateur 30 minutes, d’une seconde permanente lisible dans un compteur à 6 heures, et d’une lunette intérieure tournante graduée 0-60 actionnée par une couronne à 6 heures.

Enfin, comme mentionné plus haut, il convient également de noter l’apparition, en 1970, d’une version spéciale destinée au marché italien et produit dans la famille Genève. Il s’agit de la référence 146.012, utilisant le calibre 920 à quantième, et représentant une sorte de transition avec les modèles Dynamic créés à la même époque. Ce modèle, dessiné et fabriqué par Fontana exclusivement pour l’agent italien De Marchi, reprend en effet le système de boîte monocoque dit « Uniloc », avec fixation du bracelet selon le modèle Dynamic (anneau dévissable à l’arrière de la montre).

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Forza Fontana !

En résumé, voici donc le tableau des différentes références de Chronostop, avec années de début de production et calibres utilisés :

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Faisons un instant abstraction de la gamme Seamaster version 1967, nous en parlerons plus bas. Concentrons-nous sur les autres références et gammes.

La gamme Genève

Les cadrans de Chronostop de la gamme Genève (références 145.009, 146.009, 145.010, et 146.010) sont tous identiques dans le principe, mais sont proposés dans différentes couleurs. Ils ont donc en commun le même dessin, à savoir une minuterie au 5ème de seconde en hérisson, des index rivés lapidés sur rehaut avec des points tritium, le logo Ω peint en orange, la mention « Genève » inscrite en blanc dans la partie basse du cadran au dessus de l’index des 6 heures, et la mention « T swiss made » écrite de part et d’autre de l’index des 6 heures juste au-dessus de la minuterie blanche.

Ils sont par conséquent très similaires aux cadrans de leurs prédécesseurs Seamaster 145.007 et 145.008. Mis à part, évidemment, la mention « Seamaster », qui est logiquement remplacée par la mention « Genève », et la minuterie qui n’est plus dans un cercle blanc mais de la couleur du cadran.

Les couleurs proposées pour le fond des cadrans sont les suivantes :

  • gris anthracite,
  • blanc ivoire,
  • vert foncé,
  • bleu,
  • brun,
  • rouge foncé / bordeaux.

La trotteuse centrale du chronographe est toujours orange. Toujours. On ne rigole pas avec le orange, chez Omega.

Les aiguilles des heures et des minutes sont blanches sauf dans le cas du cadran blanc où elles sont noires pour une meilleure lecture.

Les modèles de Chronostop Genève peuvent être équipés au choix d’un bracelet en acier, d’un bracelet de type mesh ou de bracelets en cuir (perforés ou non), avec boucle déployante allongée (sans que les références des montres soient différentes). Ça laisse une belle place à de multiples combos, et vous permet aussi de jouer à la poupée !

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La particularité des boucles déployantes des Chronostop Genève est qu’elles sont plus longues que les autres boucles déployantes de la marque : étant destinées à être portées sur le poignet, l’idée est de pouvoir les faire graver ou personnaliser. Les bracelets cuir sont proposés dans de nombreuses couleurs coordonnées à celles du cadran. L’entrecornes est de 18 mm.

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le calibre 920

Le modèle spécifique « Bullhead »

Pour ce qui concerne le modèle « Bullhead  » (référence 146.011), le cadran classique est de couleur brun / beige, avec une minuterie blanche au 5ème de seconde en hérisson, des index bloc tritium, un compteur des secondes permanentes noir et un compteur totalisateur des minutes divisé en 3 secteurs noir, rouge et bleu ; le logo Ω est inscrit en blanc à 9 heures, il n’y a pas de mention Seamaster, et curieusement, sans raison particulière, il semble que seule la mention « swiss made » soit indiquée (au-dessus de la minuterie blanche), sans les « T », même sur les cadrans originaux. L’absence de mention Seamaster est à l’origine de la polémique sur le classement ou non de cette montre dans la gamme Seamaster. Par ailleurs, certains contestent aussi le rattachement de cette Bullhead à la famille des Chronostop. Old-Omegas écrit :

I do not think this is a Chronostop watch. Again I only include it for the sake of completeness.

Un autre cadran beaucoup plus rare a été proposé, de couleur argentée, avec compteur des secondes argenté et compteur totalisateur des minutes divisé en 3 secteurs noir, rouge et bleu. Les index sont rivés, le logo Ω est inscrit en noir à 9 heures et la mention « T swiss made T » est indiquée à 6 heures.

Notons que le modèle « Bullhead » est donc le seul Chronostop Omega à ne pas comporter la mention « Chronostop » sur son cadran. Donc ni Seamaster ni Chronostop, le cadran de la bullhead ne fait pas dans la littérature, est serait d’une austérité sans nom s’il n’était pas complètement barré et extravagant !

Les aiguilles des heures, des minutes et des secondes permanentes sont toujours blanches, alors que la trotteuse centrale du chronographe et celle du totalisateur des minutes sont toujours de couleur orange.

Dans le cas du cadran argent, les aiguilles principales et celle de la seconde permanente sont noires ; la trotteuse centrale ainsi que celle du totalisateur des minutes sont argentées.

Enfin, même si l’essentiel des modèles « Bullhead » sera équipé d’un seul type de lunette (avec une graduation 0-60), deux autres types de lunettes seront également disponibles :

  • une lunette graduée 1-12 (mémorisation des heures pour le chronométrage),
  • une autre lunette extrêmement rare, permettant la lecture de la date (jour de la semaine et jour du mois).

Le modèle « Bullhead » est généralement proposé avec un bracelet en cuir spécifique monté sur boucle ardillon, de couleur noire ou marron, perforé de type « racine ».  La particularité de ce bracelet tient à sa forme, adaptable uniquement à ce modèle : il dispose en effet d’une encoche spécifique pour pouvoir intégrer la couronne située à 6 heures. L’entrecornes est de 22 mm.

Le modèle spécifique Genève « Fontana »

Le modèle spécifique au marché italien a été proposé avec plusieurs couleurs de cadrans.

Ils sont tous équipés d’une minuterie au 5ème de seconde (en hérisson ou droite), des index rivés lapidés, avec liséré noir ou blanc, le logo Ω et les différentes mentions (Omega, Chronostop et Genève) peints en noir ou blanc, et un fond :

  • argent,
  • ardoise,
  • ou bleu foncé.
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La version argent comprend sur le cadran la mention d’un détaillant zurichois bien connu, Türler

Les aiguilles sont toutes blanches sauf dans le cas du cadran argenté où elles toutes noires (elles sont donc toujours de la couleur des inscriptions du cadran). Le modèle « Fontana » est donc le seul Chronostop Omega à ne pas avoir de trotteuse orange. Tout fout le camp, décidément.

Comme expliqué précédemment, le modèle « Fontana » avait une conception proche de la gamme Dynamic, notamment pour ce qui concerne les bracelets et leur système de fixation spécifique (anneau dévissable au dos de la montre).  A ce titre, il partageait les mêmes bracelets que l’ensemble des montres Dynamic, en acier ou en Corfam de plusieurs couleurs avec boucle déployante.

et un Chronostop « led » ??

D’après Omega, il existerait aussi un Chronostop à LED. On ne voit ni très bien de quoi il peut s’agir, ni en quoi il pourrait être rattachée à la famille des Chronostop. Toute information complémentaire sera la bienvenue !

Les caractéristiques de ce modèle seraient les suivantes :

OMEGA 1/100-second LED Chronostop, 1975: (Museum number 1214)
High frequency quartz calibre (6.5536 MHz), 6-digit display which can be turned off during the timing, choice of four programmes: start-stop/return-to-zero, laps, cumulated split times, net times (totalizer). Main command button and display control button at top of the instrument, re-turn-to-zero button and programme selector button below the screen. (SP 100)

Désormais, concentrons-nous sur les modèles de la gamme Seamaster de 1967, qui sont, à mon sens, les seuls Chronostop de la gamme Seamaster, car j’ai en effet un gros doute quant à l’appartenance de la bullhead à cette famille.

Une tite vidéo pour démarrer, histoire de voir la fonction chronographe du Chronostop en mouvement

C’est quand même une bien belle montre, quoique pas des plus connues ni courues.

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L’est pas beau mon chrono (stop) ?? Crédits FAM

Le mouvement

La Seamaster Chronostop embarque donc le calibre 865. D’après mes petites recherches, depuis 1966, 124 000 exemplaires de ce calibre ont été produits par Omega. Le calibre 920, introduit deux années plus tard, a quant à lui été produit à 61 000 exemplaires. Le 865 et le 920 n’ont été embarqués que dans les montres de la gamme Chronostop. Ils ont tous deux 17 rubis et battent à une cadence de 21 600 Bph.

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Le boitier

Les deux références distinctes de Chronostop de la gamme Seamaster partagent le même boitier. Celui-ci est de forme ronde / oblongue, relativement sage et classique dans son design. Ce qui distingue les deux références, c’est la lunette. Il s’agit d’une lunette intérieure fixe pour la 145.007 (my name is Bond. James Bond), et d’une lunette intérieure tournante actionné par une couronne-pustule située à 10 heures, pour la 145.008. Les différentes lunettes ne concernent que les modèles Seamaster, les modèles de la gamme Genève ne disposant pas de lunettes mais seulement de minuteries inscrites sur le cadran.

Le modèle simple à lunette fixe (référence 145.007) est équipé d’une lunette de type tachymétrique. Notons toutefois que des lunettes de type pulsométrique, décimal ou télémétrique sont également disponibles.

De la même manière, plusieurs types de lunettes tournantes sont proposés pour la version 145.008 :

  • une lunette graduée 1/12 – 13/24 permettant la lecture de deux fuseaux horaires, de couleur blanche, rouge et bleue (dite « roulette »),
  • une lunette identique mais noire dite « pilote »,
  • une lunette noire graduée 0-60, dite « plongeur »,
  • et enfin une lunette dite « régate », graduée à rebours 60-0 avec les dix dernières minutes en bleu et rouge.

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Le cadran

Il existe un seul cadran pour les deux références 145.007 et 145.008. Il est – mais c’est très subjectif – très classieux et moderne, moins typé seventies que certaines Speedmaster que j’affectionne énormément par ailleurs. Il  est oxydé noir mat, avec une minuterie blanche au 5ème de seconde « en hérisson », et des index rivés lapidés sur rehaut avec des points tritium ; le logo Ω est peint en orange, et la mention « Seamaster » est inscrite en blanc dans la partie basse du cadran au dessus de l’index des 6 heures ; la mention « T swiss made T » est écrite de part et d’autre de l’index des 6 heures juste au-dessus de la minuterie blanche.

Les aiguilles des heures et des minutes sont toujours blanches avec centre de la matière luminescente, le tritium. La trotteuse centrale du chronographe est toujours orange.

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Le logo Omega gravé au centre du plexiglas, comme sur une Speedmaster

Bien que cette montre ait 50 ans, le tritium brille encore dans l’obscurité, pas longtemps certes, mais tout de même de manière relativement puissante. C’est probablement dû au fait que celui-ci a été déposé dans des zones étroites et circonscrites, ce qui a limité le phénomène de désagrégation. Les aiguilles comportent ainsi une fine ligne de tritium en leur centre, et les index un point, tout au plus. Le résultat est tout de même bluffant (je le répète, 50 ans d’âge !)

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La couronne

Elle est placée au-dessus de l’index de 4 heures. Elle est gravée avec le célèbre logo grec de la marque, comme d’habitude chez Omega. Le monopoussoir du chronographe se situe à 2 heures. Son clic est vif et précis.

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Le fond

Il est gravé, là encore de manière extrêmement classique pour une Seamaster, avec le  célèbre Seahorse.

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ça c’est du beau Seahorse, non ?

Le bracelet

Pour les deux modèles de Chronostop Seamaster, le bracelet peut être au choix  un bracelet en acier ou un bracelet en cuir avec boucle ardillon (sans que les références des montres soient différentes). La référence du bracelet acier est le 1170, avec des pièces de bout référence 625. Les bracelets cuir sont généralement en cuir lisse. L’entrecornes est de 22 mm.

Mon exemplaire

J’ai pour ma part un Chronostop Seamaster à lunette fixe, 145.007. Quelques commentaires :

  • le cadran est en excellent état, mais il est extrêmement difficile de photographier les index. En effet, ceux-ci sont de type « miroir », appliqués avec des arêtes vives, et doté d’une toute petite pointe de tritium au sommet. Les reflets sont donc nombreux.
  • Par ailleurs, le cadran comporte deux zones bien distinctes, à la manière d’un cadran Pie Pan : la zone des index, incurvée, et la zone centrale, plate. Ceci crée des reflets complémentaires et différents, sur ce cadran dont j’aurais bien du mal à déterminer la couleur exacte (noir ? gris anthracite très sombre ?)
  • les aiguilles sont très lisibles. Analogues à celles d’une Speedmaster Schumacher par exemple, elles sont très typées course automobile, sports mécaniques, et collent parfaitement avec l’esprit du Chronostop. L’aiguille du chronographe, orange sombre, réhausse l’ensemble. L’absence de mouvement sur le cadran, puisque cette aiguille n’est pas une trotteuse, contribue au côté dépouillé et extrêmement lisible de l’ensemble.
  • Le bracelet a pour référence 1159/459, et pas 1170/625 comme indiqué plus haut. Pour autant, il semble authentique et d’origine. Je vais creuser ce point. En tout cas, il est dans un état de vétusté évident, et rien que retirer un ou deux maillons est un exercice très très compliqué. Je ne suis même pas certain de parvenir à l’ajuster à ma taille. Toutefois, ce n’est pas dramatique, d’une part parce que l’acier va je trouve moyennement à cette montre, et d’autre part parce que les endlinks s’emboitent imparfaitement, ce qui est un comble s’ils sont véritablement d’origine !
  • le verre hésalite (plexiglas, quoi) comporte deux griffures moyennement profondes, mais que je ne pense pas pouvoir récupérer avec du Polywatch. Toutefois elles sont invisibles à l’oeil nu, et n’apparaissent que sur les photos en macro.
  • la couronne est assez résistante lors du remontage, elle est ferme et dure comme une Speed pro (du moins, comme ma 3573 récente). La réserve de marche est excellente, environ 48 heures, et la dérive imperceptible. Le poussoir du chronographe est net, la remise à zéro dudit chronographe instantanée et rapide, comme sur les calibres Omega 861/1861, ou encore 1041 et 1045.
  • Au départ, j’aurais préféré une 145.007 à échelle tachymétrique, comme on la trouve en général et comme elle est présente dans la plupart des photos sur internet. Or il se trouve que le hasard de mes recherches m’ont amené vers une échelle de type décimal. L’échelle tachymétrique a un côté Speedmaster qui me plaisait bien, mais pour avoir « en vraié » ce Chronostop à échelle décimale, et bien je dois dire que celle-ci renforce l’équilibre du cadran et au final, je préfère cette version, qui a aussi le mérite de la grande rareté !

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La cote

La gamme Genève est une entrée de gamme chez Omega. Les Chronostop de cette famille se trouvent aux environs de 800 ou 900 € à l’heure où j’écris ces lignes.

La gamme Seamaster se situe un bon cran au-dessus. Les Chronostop Seamaster ne se trouvent que très rarement à moins de 1500€. La Bullhead cote à un niveau encore beaucoup (voire beaucoup beaucoup) plus élevé.

Les écrins

Nous ne disposons que de très peu d’informations spécifiques sur les écrins de Chronostop (c’est le cas d’ailleurs pour de nombreux autres modèles Omega). A titre d’exemple, voici un exemple, issu de la gamme Genève :

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Apparitions

Dans Puppet on a chain, vieux film britannique de Geoffrey Reeve, avec Sven-Bertil Taube, Barbara Parkins et Alexander Knox, sorti en 1971, l’inspecteur Van Gelde, interprété par Patrick Allen, porte uneSeamaster Chronostop 145.007 à échelle tachymétrique (me semble-t-il).

Conclusion

Afin de familiariser les propriétaires de Chronostop à cette fonctionnalité de mesure du temps, ainsi qu’au fonctionnement d’une échelle tachymétrique, Omega, à l’occasion de certains événements sportifs, a diffusé une sorte de bootleg explicatif du Chronostop. Old-Omegas lui consacre une page, avec une illustration du Chronostop 145.007 composée d’une partie centrale tournante. Ce document a été diffusé à l’occasion des courses moto sur le circuit de Spa, en Belgique.

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Enfin, et ce sera le mot de la fin, les Chronostop sont en quelque sorte un témoignage d’une époque désormais révolue en raison de la supériorité chronographique du quartz. Ils conservent toutefois, à mon sens, intact tout leur charme et peuvent prétendre encore aujourd’hui séduire l’amateur éclairé amoureux du patrimoine d’Omega.

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Liens utiles

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