Introduction

En 1967, Omega fait le constat que sa politique d’expansion accélérée menée depuis le début des années soixante trouve ses limites. Il existe une prolifération de modèles (de grand luxe, de dame, à remontage manuel, non étanches…) qui échappent aux principales gammes qui existaient alors (Constellation pour les chronomètres, Seamaster pour les montres étanches, Ladymatic pour les montres féminines automatiques). Au point d’être difficile à suivre, y compris pour les détaillants. Pour remédier à ces lacunes, une restructuration de l’offre a lieu. Elle distingue désormais quatre catégories, avec à chaque fois une cible de clientèle bien déterminée :

  • la gamme Constellation, qui réunit les modèles de luxe, avec un mouvement très performant, pour une clientèle aisée. Cette gamme ne se limite désormais plus aux seuls chronomètres certifiés ; d’autres modèles de haut standing (par exemple des pièces ultraplates) viennent rejoindre la gamme.
  • la gamme Seamaster, qui réunit les montres sportives. Ce sont des modèles robustes, à l’étanchéité renforcée, à remontage automatique comme manuel, au look solide et sans chichi.
  • La gamme DeVille, qui se détache désormais de la gamme Seamaster, et qui réunit les montres à la mode. De nature élégante, trendy, étanche ou pas, automatiques ou à remontage manuel, les DeVille visent essentiellement une clientèle féminine ou tous ceux qui souhaitent une montre habillée et moderne.
  • la gamme Genève, enfin, qui réunit tous les modèles « économiques » d’Omega. De qualité « standard », les Genève visent à percer auprès d’un autre public, les jeunes par exemple, d’où certains modèles qui seront assez audacieux d’un point de vue esthétique.

Certains modèles qui appartenaient à une gamme donnée (par exemple les Chronostop, dans la gamme Seamaster), sont basculés dans une autre gamme (Genève), ce qui engendre un repositionnement tarifaire et parfois aussi en terme de design.

Non, je sais, ce n’est pas très clair, guère plus clair à vrai dire après qu’avant. D’ailleurs, qu’il s’agisse des années 60 ou des années 70, qu’il s’agisse des gammes, des références, des modèles, on ne peut pas dire qu’Omega brille par sa constance et sa clarté. C’est même franchement le bordel, ni plus ni moins. A croire que de vicieux responsables commerciaux ont tout fait pour pourrir la vie de générations de collectionneurs en apoplexie, à force de tenter de comprendre la logique inexistante de la politique d’Omega…

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C’est dans ce contexte mouvementé que naît la famille Cosmic, au sein de la gamme Seamaster nouvelle mouture.

1967 est l’année qui marque donc également le lancement de la gamme Seamaster Cosmic, composée d’un boîtier Unicoc d’une seule pièce, super-étanche à la poussière et à l’eau. De forme tonneau, sa ligne trapue à l’esthétique fonctionnelle, est allégée dans son profil par les deux longs biseaux du fond de boîte.

Histoire et références

C’est en 1972 que la gamme Seamaster Cosmic accueille en son sein la petite dernière, la Seamaster Cosmic 2000. Elle dispose d’un mouvement automatique. Mais la différence ne s’arrête pas là. Dans sa conception, sa construction et son calibre, cette Cosmic 2000 est entièrement nouvelle. Inventé et breveté (N° 554.560 et 585.425) en 1971 par Michel Ratajski, son système exclusif d’étanchéité à joints larges lui assure une protection absolue contre toute infiltration d’eau jusqu’à 60 mètres de profondeur. Ce modèle est en outre caractérisé par l’originalité de la fixation de la tête de montre – transformée en « container » – qui s’encastre dans une carrure fixée soit à un bracelet cuir, soit à un tour de bras métallique. En clair, c’est une montre de type monobloc, et c’est cette conception qui lui assure une grande étanchéité (pas de fond vissé ni clipé, la montre se démonte en commençant par la lunette, le verre… et ainsi de suite !) Pour l’ouvrir, il faut donc tirer très fort sur la couronne – elle est en 2 parties – et avec une pompe ou de l’air sous pression (pas trop de pression), en pompant, le fond se déboite car il est monté sur joint étanche.

Le mouvement est logé dans un cylindre parfait où le mouvement, le cadran et les aiguilles sont pris en sandwich entre le verre et le dos. L’ensemble est pressé dans le boîtier et maintenu par des anneaux de retenue en nylon.

Le mouvement

Le mouvement embarqué par cette Cosmic 2000, de la nouvelle série 1000, ne ressemblait à rien avant elle. Il a remplacé l’un des meilleurs mouvements jamais produits, la série 500, et a propulsé Omega sur ces cimes bien plus élevées que jusque-là. Ce mouvement n’a pas contribué que marginalement à asseoir la réputation de la marque au logo grec. Pas une partie du nouveau mouvement n’est interchangeable avec la série 500, pas même une vis !

La plus grande avancée, c’est la cadence de l’oscillation, qui passe de 19 800 battements par heure à 28 800. Cela a nécessité un plus petit (plus léger) balancier qui a donné plus de précision et de cohérence. Il a également entraîné une plus grande usure et un arrêt plus facile.

D’autres améliorations ont été apportées :  une hauteur réduite du mouvement (4.25mm par rapport à la série 500, 5.05mm)

Le nouveau mouvement a également un mécanisme de date rapide bien plus performant, et introduit aussi le stop seconde.

Il y a néanmoins un défaut très basique (et incompréhensiblement stupide) dans la construction de ce mouvement. Tous les mouvements mécaniques ont un régulateur. Des mouvements de meilleure qualité ont même un ajustement fin, associé au régulateur normal pour une synchronisation plus précise. Les chronomètres doivent avoir un mécanisme de réglage précis. Dans le cas de la série Omega 1000, le réglage fin est actionné par une vis qui est placée à l’intérieur du balancier, ce qui rend son accès impossible !

La vis d’ajustement fin du mouvement de série 500, accessible. On voit par ailleurs la qualité des composants de ce mouvement

La même vis sur le mouvement de série 1000, inaccessible (et accessoirement les composants de moins bonne qualité)

Alors qu’Omega a utilisé des verres saphir depuis les années 50 pour les femmes, les montres pour hommes étaient exclusivement en Plexiglas pendant très très longtemps. Ce n’est qu’au tournant des années 70 qu’Omega équipe progressivement ses montres d’un verre minéral (sur les Speedmaster mark, ou encore ici, sur la Cosmic).

Mon exemplaire

Il existe divers Cosmic 2000, de style épuré et classique, ou au contraire plus sportif (voir parmi les liens, par exemple, une Cosmic 2000 de plongée). Mon exemplaire fleure bon les années 70, et a la particularité d’être NOS. Il a pour référence 166.0130, au calibre 1012. Enfin, je crois, je ne suis pas complètement certain, mes recherches à partir des catalogues Omega d’époque se sont avérés largement infructueuses.

La cote

Elle n’est pas très élevée sur ces montres peu recherchées. Avec 500€ on peut déjà avoir un beau modèle.

Conclusion

Une belle montre à découvrir, sans se ruiner ! Elle n’a peut-être rien d’exceptionnel, mais elle est très marquée de son temps, avec des choix technologiques tout à fait radicaux et qui n’auront aucune descendance. C’est donc une sorte d’OVNI horloger, symbole d’un temps passé et à jamais disparu.

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