Je poursuis mes pérégrinations en terres omegasques. J’ai a plusieurs reprises évoqué le chronographe emblématique de la marque, la Speedmaster ; j’ai évoqué, outre la Moonwatch, un certain nombre de déclinaisons (mark II, mark III, mark 4.5, 125, date casino) je vous propose à présent une petite plongée (supplémentaire, j’ai déjà parlé de la Schumacher et de la Tintin) dans le versant « sport automobile » de la Speedmaster – versant qui est d’ailleurs, chronologiquement, la porte d’entrée originelle du mythe.

Comme vous le savez, la Moonwatch est une icône absolue de l’horlogerie, l’une de celles qui figurent dans n’importe quel top 5 des montres mécaniques. Parmi la sous-famille des chronographes, c’est probablement le plus connu. Ni plus, ni moins. Et il existe un nombre immense de versions différentes de ce chrono, probablement plusieurs centaines. Au passage, vous trouverez ici un poster créé par un fan, à partir du montage de soixante modèles de Speedmaster pour les 60 ans de ce chrono, anniversaire qui aura lieu courant 2017.

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Parmi les multiples versions existantes, donc, je voudrais aujourd’hui vous entretenir d’un modèle qui est loin de figurer parmi les plus connus, et qui fait même probablement partie de la famille des mal-aimés (comme du reste la 125, la « Schumi red scuderia », la Casino… cités plus haut). Ce modèle a été présenté au Baselworld 2012, au moment même où une déclinaison de la gamme Speedmaster a été présenté, la collection Speedmaster Racing. C’est une déclinaison sportive typée course automobile de la moonwatch. Comme vous le savez également, j’en ai parlé dans l’article consacré à la « Schumi », on peut considérer que la famille des Speedmaster Racing existe depuis bien plus longtemps que 2012. C’est tout à fait exact. Mais au sens  d’une collection Omega, avec un boitier de 40mm et un mouvement automatique co-axial, c’est une gamme lancée en 2012. Année durant laquelle Omega avait annoncé d’autres nouveautés, comme la First Omega in Space, en hommage à la montre portée par l’astronaute Walter Schirra lors de son vol orbital de 1962. Ou encore la Spacemaster Z-33, au design futuriste (et adopté par la star de cinéma indienne Abhishek Bachchan dans le film d’action Dhoom 3)

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Histoire et références

Venons-en donc à cette gamme Speedmaster Racing. La principale nouveauté de cette version Racing est le large choix de combinaisons de couleurs pour l’ensemble cadran / compteurs / aiguilles / bracelet que propose la marque. Jugez plutôt : cadran noir / compteurs noirs / aiguilles et index blancs ; cadran noir / compteurs, aiguilles et index blancs ; cadran bleu / compteurs noirs / aiguilles et index blancs ; cadran rouge / compteurs noirs / aiguilles et index blancs… Au total pas moins de 13 versions différentes disponibles – en incluant les versions bracelets caoutchouc versus bracelet acier. Il y en a ainsi pour tous les goûts, afin que les heureux possesseurs de cette Speedmaster Racing puissent assortir cette montre à la carrosserie de leur bolide !

Je vais me concentrer sur ma version préférée, celle qui – par sa combinaison cadran / bracelet, me parait être la plus représentative de l’esprit de la Speedmaster Racing. C’est la version cadran gris / compteurs noirs / index blancs / aiguilles du chronographe de couleur jaune, qui apporte à la montre un indéniable côté sportif (voire très très sportif), sans pour autant tomber dans le flashy.

Ce modèle a pour référence 326.32.40.50.06.001. Vroum vroum, c’est parti !

Copyright SpeedyWatches.com

Le mouvement

L’autre importante différence avec la Moonwatch classique réside dans le mouvement qui motorise la Speedmaster Racing, cette dernière étant équipée du calibre Omega 3330 – mouvement mécanique à remontage automatique, chronographe à roue à colonnes, spiral en silicium et échappement co-axial. Ce mouvement de 31 rubis est certifié par le COSC et dispose d’une réserve de marche de 52 heures environ. Ce n’est ni un vulgaire mouvement ETA courant, ni un mouvement purement maison comme le 9300 par exemple, mais un mouvement connu et amélioré par Omega.

L’échappement co-axial a été inventé par George Daniels, horloger indépendant disparu en 2012. Il est considéré par beaucoup comme l’un des plus grands – si ce n’est le plus grand – horloger du XXème siècle et comme le successeur spirituel d’Abraham-Louis Breguet dont il était l’un des grands spécialistes – il a notamment restauré de nombreuses montres Breguet dans son atelier.

A l’instar de A-L Breguet, George Daniels avait à cœur d’améliorer le fonctionnement des montres mécaniques et a inventé pour ce faire l’échappement co-axial. Ce système a pour objectif d’optimiser la précision chronométrique d’une montre sur le long terme en limitant le besoin de lubrification de l’échappement – permettant ainsi au mouvement de ne plus être tributaire du vieillissement des huiles comme l’est un échappement à ancre traditionnel.

Omega y ajoute un spiral en silicium dont la particularité est d’être insensible aux variations de température et aux champs magnétiques.

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Cet Omega 3330 est en réalité un dérivé, amélioré, du célébrissime Valjoux 7750 (7753 très précisément, auquel a été ajouté une roue à colonne et l’échappement co-axial, donc). La Speedmaster Mark II rebootée en 2014 emploie ce même mouvement.

Omega diffuse sur internet des vidéos très bien faites qui permettent de bien comprendre les fonctionnalités de chaque mouvement. Voici donc la vidéo pour le 3330 :

Le boitier

Ce boitier a la forme classique d’une Speedmaster, avec les célèbres anses lyre. Sa particularité, outre sa taille contenue, réside en la présence d’un orifice situé en haut à gauche du boitier, et qui sert à accueillir le stylet de correction de la date.

Copyright bernardwatch.com
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Le cadran

Les compteurs de cette Speedmaster ont une texture de type nid d’abeille ou clou de Paris, qui colle bien avec l’esprit sport auto revendiqué – on pourra d’ailleurs y voir une grille de calandre ou encore une sorte de matériau composite par exemple.

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Les touches de couleur jaune des aiguilles liées à la fonction chronographe confèrent à cette Speedmaster une dimension sportive typée course auto qui tranche avec la Speedmaster Professional classique. Je note que jusque-là (les Speedmaster typées course automobile à mouvement automatique comprenant un « faux » chronographe modulaire Dubois-Dépraz), la petite seconde était inversée (à droite, donc), et les aiguilles du chronographe étaient donc la trotteuse + les sous-compteurs à 6 et 9h. Ici, en revanche, et je présume que c’est une conséquence de l’usage du mouvement co-axial, nous trouvons une configuration de type moonwatch au niveau des aiguilles. Mais pour rappeler les versions sportives de la moonwatch, Omega a conservé l’identification par une couleur particulière des aiguilles du chronographe – ce qui me parait une excellente idée, non seulement d’un point de vue esthétique, mais aussi fonctionnel.

Les sous-compteurs très travaillés contrastent avec le reste du cadran, en gris anthracite rayé verticalement, qui, lui, symbolise la vitesse, le mouvement, le défilé devant les yeux du pilote de l’asphalte du circuit automobile ! Je trouve l’idée excellente et elle renouvelle considérablement l’aspect « racing » de ce chronographe, réinvente même les standards issus pour l’essentiel de Heuer et ce ceux qui ont copié cette marque depuis les années 70.

Enfin, à l’instar d’une Speedmaster Reduced, les index sont « mangés » par les sous-compteurs, et sont prolongés par un chemin de fer agrémenté du chiffre des secondes de 5 en 5, de couleur jaune comme les aiguilles du chronographe, excepté là encore en bout de sous-compteur. De la même manière, l’échelle tachymétrique est bicolore (graduation jaune / chiffres blancs classiques).

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Le fond

Il parle de lui-même est en on-ne-peut-plus-classique pour une Speedmaster !

Le texte circulaire contient, lui, une particularité, puisque la présence d’une roue à colonne est mentionnée. Ainsi que l’indication, en majuscules, « RACING ».

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Le bracelet

Notons qu’Omega propose, en alternative à son bracelet acier, un bracelet caoutchouc reprenant la texture nid d’abeille des compteurs – le combi boîte acier/ bracelet caoutchouc conférant à la montre une allure encore plus sportive et qui s’avère être une bonne solution pour les périodes estivales. C’est à cause de ce bracelet que j’ai baptisé cette Speedmaster Racing « yellow tyre » (pneu jaune, quoi), car ce bracelet fait clairement référence aux pneumatiques des voitures de sport, et comprend (un peu à la manière de l’Alaska Project) le logo Speedmaster en jaune et par conséquent très visible, ce qui est bien entendu totalement assumé.

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Omega Speedmaster Racing

Variantes

En alternative à cette version « yellow tyre », il existe au moins quatre autres versions qui partage avec celle-ci le principe des sous-compteurs clous de Paris, et qui possèdent tout autant un ADN très typé sport automobile. Les voici :

La cote

Elle est relativement contenue pour une Speedmaster, moins chère qu’une moonwatch.

Conclusion

Au poignet, la Speedmaster Racing est très confortable grâce à son volume réduit. Attention d’ailleurs à ce point : ce chronographe, équipé des célèbres anses lyres chères à Omega, chausse petit et peut donner l’impression de faire moins que ses 40mm de diamètre. Les poignets de petite taille, y compris les poignets féminins, apprécieront. Pour les autres, un essai en boutique s’impose.

La finition, qu’il s’agisse du cadran ou du boîtier, alternant les surfaces polies et brossées, est de belle facture et tout à fait conforme aux standards élevés de la marque.

Enfin, côté lisibilité, la prestation offerte est de très bonne qualité – même si des aiguilles des heures et minutes davantage différenciées auraient permis d’en améliorer encore le résultat.

Cette version Racing ne détrônera sans doute pas la légendaire Speedmaster Professional Moonwatch dans le cœur des amateurs. Mais ce n’est certainement pas le but recherché par Omega.
Cette Racing « yellow tyre » se positionne en revanche comme une alternative très sportive et colorée destinée à toucher un public plus large. Le fait qu’elle soit équipée des derniers raffinements mécaniques d’Omega et qu’elle bénéficie d’un excellent rapport qualité / prix lui confère un avantage certain par rapport à la concurrence.

Une vidéo complète et fort intéressante :

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