Voici la suite de ce premier article

Je vous ai conté l’autre jour mes pérégrinations en matière de plongeuse recherchée, avec une short list, mais dont aucun protagoniste ne se détachait, composé de la Submariner, la Pelagos, la SM 300 Diver et la SM 300 néo-vintage. Et j’insistais aussi sur le fait que ces montres ne se situent absolument pas dans la même gamme de prix, voire dans la même gamme tout court.

Lorsque je suis arrivé à ce stade, j’ai été pris par une sorte de découragement. Je me suis dit que je ne trouverai jamais la plongeuse idéale, et que par conséquent il était plus réaliste de réorienter mon choix vers autre chose.

J’ai donc passé en revue un certain nombre d’autres montres qui me plaisent, au-delà du cahier des charges initial, pour tenter de trouver une solution.

Bien entendu, j’ai commencé par regarder du côté des Speedmasters d’Omega. En particulier la référence 304.30.44.52.01.001 (la co-axial master chronometer moonphase ; mais son diamètre (44,25 mm), son épaisseur (16,9 mm) ont eu raison d’elle. Idem pour la Dark Side of the Moon (même diamètre, épaisseur moindre), et enfin la nouvelle Speedmaster Racing master chronometer 329.32.44.51.01.001 (qui a, elle, une épaisseur convenable de 14,9 mm, très convenable même pour le calibre 9900).

Les AquaTerra, ancienne génération (avec ce fabuleux cadran teck horizontal) et nouvelle génération (avec ce fabuleux mouvement METAS) m’ont aussi attiré. Un jour je céderai, notamment pour une Golf, mais ce n’était pas le bon moment, ces modèles sont trop éloignés de ce que je souhaitais.

J’ai aussi regardé d’autres Rolex : l’Explorer I 214270, l’Explorer II 216570, et même l’Oyster Perpetual en 39 mm (114300) et en 36 mm (116000). J’adore ces OP sans date, elles sont extrêmement classes, mais je fais la même remarque que pour leurs concurrentes directes, les AquaTerra d’Omega ; les Explorer sont sportives à souhait, mais avec l’Explo I je ne retrouve pas cette fameuse lunette noire qui m’attire sur les plongeuses ; et avec l’Explo II je me serais retrouvé non seulement avec un quantième, mais avec de surcroît un cyclope toujours aussi hideux à mes yeux.

J’ai aussi regardé – mais je mets ce modèle à part – la nouvelle Seamaster 1957 trilogy master chronometer 234.10.39.20.01.001 (calibre 8806), très belle, mais trop chère pour l’instant.

Enfin, il y avait quelques autres modèles qui sont venus élargir mon spectre (Tudor Pelagos LHD, surcotée à mon avis, Tudor Heritage chrono Monte-Carlo, à la décote élevée, TAG Heuer Monaco Steve McQueen calibre 11, chère pour ce qu’elle offre)…

Bref, rien à faire, j’étais vraiment dans une impasse.

Je suis donc revenu à ma short list initiale. Et j’ai dû faire un choix difficile. Il l’a été en faveur de la Submariner no date. Pour quelle raison ?

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Je dirais que ce fut plus un compromis qu’un choix du cœur, à la différence de la Speedmaster, qui m’a fait vibrer au premier regard.

Certes, la Submariner a une histoire iconique, analogue à la Speedmaster. Et j’ai toujours beaucoup aimé James Bond, toutes générations – et donc toutes marques – confondues. Les références 6538, 5512/5513, 14060M et bien entendu 114060 sont ancrées dans ma mémoire (quelques autres aussi, bien sûr, mais ces références surtout).

Elle a certes une excellente réputation, du boîtier Oyster à sa solidité légendaire, sa fiabilité exemplaire, et j’en passe.

Mais je reste un peu indifférent à son design vu et revu. A son « aura » qui m’atteint assez peu.

Si je l’ai choisie, c’est d’une part parce que j’ai déjà l’habitude de la Submariner, avec ma Steinhart Ocean One green. Ce n’est peut-être la même qualité (j’écris peut-être, j’y reviendrai ultérieurement dans un comparatif complet), mais c’est le même design. Ensuite parce que j’apprécie la présence au poignet de la 6 chiffres, nettement supérieur à la fluette génération précédente, et qui convient bien au côté viril que je recherchais. Ces cornes de taureau sont pour moi une réussite, même si je comprends parfaitement que certains trouvent cette largeur excessive. Enfin, la Submariner est une montre fine, plus fine que ses concurrentes (jusqu’à la caricature de la Planet Ocean v3, que j’apprécie pourtant par ailleurs), à peine plus épaisse qu’une Speedmaster pourtant manuelle.

La choix a donc été difficile, mais c’est un choix assumé !

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Une montre iconique

Difficile de faire une revue de la Submariner, il y en a des centaines… Je reproduis ici l’article paru récemment sur Tictactoc :

Outre son style unique, la Rolex Submariner est une montre chargée d’histoire. Lancée il y a plus de 60 ans, le modèle actuel de Rolex Submariner est le fruit d’un vécu unique et d’un développement permanent. Fidèle à elle-même, la Submariner a su faire preuve d’innovations et la lunette en céramique, le boîtier masculin et le solide bracelet répondent aux exigences d’une montre moderne, sur la base d’un design qui remonte à 1953. Plongée au cœur de l’histoire de la Rolex Submariner.

La Rolex Submariner à la conquête des fonds marins

Première montre à conquérir les fonds marins, la Submariner a marqué l’histoire, sans aucun doute. Son design, ses qualités esthétiques et son utilité en milieu marin en a rapidement fait une montre d’exception. Elle est aujourd’hui l’une des montres les plus prisées à travers le monde et ne cesse d’évoluer avec son temps, devenant un modèle de montre incontournable et intemporel.

L’exploration des fonds marins a toujours fasciné. Du vaisseau émanant de l’imagination de Jules Verne aux moyens techniques actuels les plus perfectionnés, l’Homme ne cesse de vouloir explorer pour enrichir ses connaissances. L’idée de développer une montre qui se prête autant au milieu aquatique qu’à un usage au quotidien a émané d’un certain René-Paul Jeanneret, plongeur passionné et membre du conseil d’administration de Rolex lorsque l’entreprise était dirigée par son fondateur, Hans Wilsdorf. A l’époque, le marché des montres de sport fonctionnelles atteignait un succès retentissant avec des modèles portant des noms dont le succès résonne encore aujourd’hui dans les esprits des connaisseurs comme Turn-O-Graph, Explorer, Milgauss, GMT Master et bien sûr, Submariner. Des modèles qui propulsèrent Rolex sur le podium des marques capables de produire des montres de qualité parées à toute situation et à toute activité sportive.

Les prédécesseurs de la Submariner

Les montres résistantes à l’eau faisaient déjà partie de la collection Rolex depuis le début des années 1930. En 1935, le catalogue Rolex incluait déjà un modèle de 47mm, doté d’un mouvement de montre de poche, un mouvement à remontage manuel issu du concours Lépine et une aiguille des secondes à 9 heures. Une montre qui donna lieu à un partenariat avec Panerai, concessionnaire italien Rolex spécialisé dans l’équipement de plongée. Un partenariat qui permis à Jeanneret de progresser dans son inspiration, tout comme son amitié avec le célèbre Jacques-Yves Cousteau, lui donnant les arguments nécessaires pour enfin convaincre l’équipe dirigeante de Rolex de développer une montre de plongée professionnelle.

Aller toujours plus loin, à l’exploration des profondeurs abyssales

En septembre 1953, Rolex fit savoir au monde entier – de façon spectaculaire – ce dont l’entreprise était capable. Le physicien et océanaute Auguste Piccard plongea jusqu’à 3131,8 mètres avec son bathyscaphe. La montre Rolex de Wilsdorf, spécialement conçue pour cette aventure, fut fixée à la coque du navire, arborant un logo Rolex bien visible et un cadran lumineux. Lorsque le bathyscaphe sortit de l’eau, la montre Rolex fonctionnait toujours correctement.

Quelques années plus tard, en 1960, le sous-marin Trieste, issu du même inventeur, descendit dans les profondeurs abyssales – cette fois-ci dans le but d’atteindre le Challenger Deep, le point le plus profond jamais enregistré dans les océans, à 10 900 mètres sous le niveau de la mer. À l’intérieur de la sphère de pression du Trieste, se tenaient le fils de Piccard, Jacques Piccard, et Don Walsh, un océanographe. À l’extérieur de la sphère avait été fixé un prototype très particulier de Rolex, une montre avec boîtier Oyster, conçue pour résister à une pression jusqu’à 10 916 mètres, d’environ 1 125 kg/cm. Tout comme lors de la plongée du bathyscaphe en 1953, la Rolex sortit intacte de l’eau.

Rolex Submariner – l’amie du plongeur

Les exploits de Rolex n’ont pas manqué d’attirer l’attention et la demande ne se fit pas attendre, aussi bien pour un usage dans le sport qu’au quotidien. En 1954, les visiteurs de la foire de Bâle en Suisse purent admirer une large vitrine arborant le modèle « Submariner » de Rolex, étanche à 100 mètres de profondeur. Un panneau indiquait : »Submariner – The diver’s friend » (littéralement ; Submariner – L’amie du plongeur). Rolex avait officiellement lancé la première montre de plongée professionnelle avec un mouvement automatique, pourvue d’une étanchéité jusqu’à 100 mètres grâce au système de couronne vissée Twinlock.

Au fil des années, les tests se sont succédé, plus rigoureux les uns que les autres, prouvant au monde entier que la Rolex Submariner ne craint ni la teneur élevée en sel de l’océan, ni l’humidité, ni la chaleur. Profitant du retour et de la participation de nombreux experts alors qu’il élaborait la Submariner, Jeanneret bénéficia de nombreuses idées quant au design du boîtier de la montre, au cadran et à la lunette tournante (qui tournait dans les deux sens à l’époque) pour la lecture sous-marine du temps restant en plongée.

Trois modèles Submariner différents

Dès que la Rolex Submariner est devenue disponible en 1954, les clients ont pu choisir entre trois modèles différents. Le Submariner ref. 6200 avec un mouvement automatique de calibre A296 et une étanchéité jusqu’à 200 mètres de profondeur, le Submariner ref. 6204 offrant une étanchéité jusqu’à 100 mètres (et plus tard jusqu’ à 180 mètres) et le Submariner ref. 6205 avec un mouvement automatique de calibre A260 et une étanchéité allant jusqu’à 100 mètres. Ainsi, les premiers modèles ne portent pas le label « Submariner » et ce n’est qu’à la fin de l’année 1954 que Rolex a commencé à utiliser « Submariner » sur les cadrans.

Les 3 grandes époques de la Submariner

Les origines (1950-1960): modèles 6200, 6204, 6205, 6536, 6536/1, 6538, 6538/6, 5508, 5510

Les « reload » (1960-1980): Modèles 5512, 5513, 1680 rouge, 1680

Les perpétuelles(1980 – présent): Modèles 16800, 168000, 16610, 14060, 14060M

Plus précisément, concernant la 114060, on retrouve les caractéristiques suivantes : 40 mm de diamètre, 153 gr, bracelet avec rallonge glidelock, insert Cerachrom, mouvement auto 3130 avec spiral Parchrom bleu anti magnetique….

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Au-delà de ces caractéristiques, mon ressenti : cette montre n’est pas plus clinquante d’une cinq chiffres. Oui, l’insert céramique est brillant, mais pas plus qu’un insert alu des générations précédentes. Et elle brille moins que ses homologues de chez Omega par exemple. Elle est de taille contenue, le chromalight est étonnant (comparable au LumiBrite de Seiko), … La seule chose qui me chagrine, c’est son poids, que je trouve étonnant, et le bracelet Oyster qui, malgré le duo glidelock/Oysterlock, n’est pas d’un confort si confortable que cela… J’ai peut-être besoin de m’habituer un peu.

J’aime l’équilibre idéal cadran / lunette / boitier, bien meilleur que sur la Steinhart pour laquelle le rapport cadran / lunette est trop à l’avantage du cadran ; j’aime la finesse de cette montre, qui passe sans aucun problème sous la manche d’une chemise ; j’aime le style indémodable, bien entendu, de la Submariner ; j’aime la qualité ressentie ; j’aime le contraste austère de ces montres noires et blanches, comme la Speedmaster ; j’aime le lume turquoise, puissant et noble ; j’aime le côté un peu glossy mais pas too much de la Submariner, par opposition à tant d’autres plongeuses qu’il faut regarder avec des lunettes de soleil.

Je n’aime pas ce verre saphir totalement plat et sans âme, qui place cette 114060 loin derrière la 5513 par exemple en terme de « chaleur » de l’objet ; je n’aime pas le porté de l’Oyster, franchement pas si parfait que je l’ai lu un peu partout, c’est peut-être la forme de mon poignet qui veut cela ; je n’aime pas l’aiguille mercedes ; je n’aime pas l’image de luxe que Rolex véhicule – parfois à son corps défendant, il est vrai ; je n’aime pas cette littérature excessive sur le cadran, qui plus est ronflante (« superlative »… « officially certified »… au moins Omega a le mérite de placer ces inutiles rodomontades sur le fond du boitier et pas sous le nez du propriétaire) ; je n’aime pas la conception des endlinks qui rendent très difficile le changement de bracelet au profit d’un perlon, d’un tropic, d’un cuir ou de que sais-je.

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En me relisant je me rends compte que je donne une coloration très négative à cette montre, et mon choix parait avoir été effectué par défaut. Ce n’est pas le cas. Je trouvais bien entendu très belle cette montre sobre, discrète, virile, sportive et versatile, autant de points communs avec sa demi-soeur devant l’éternel, la Speedmaster. Il faut sans doute encore un peu de temps pour que j’apprenne à complètement l’aimer, mais ça arrivera, j’en suis certain.

J’ajoute par honnêteté que dans mes choix, fatalement, le critère « prix » a joué. Mais je ne voulais pas en faire un élément déterminant. Avec le recul, je trouve que la Submariner est en effet carrément chère pour ce qu’elle offre, et l’écart de qualité avec une montre à 2000€ par exemple, pour réel qu’il soit, ne justifie pas un prix du simple au triple selon moi. On me rétorquera bien entendu qu’en matière de luxe, le rationnel ne joue pas et l’émotionnel prend le relais. C’est vrai, sans doute, mais pour moi l’émotionnel n’exclut pas le rationnel, les deux dimensions doivent se marier.

Le critère « prix » était donc défavorable à la Submariner. Mais le critère « tenue de la cote » a joué aussi, et là, de manière symétriquement inverse, la Sub est juste imbattable parmi le panel que j’avais sélectionné.

Enfin, un dernier mot : je n’ai pas choisi la SM 300 néo-vintage, qui pourtant était une concurrente TRES sérieuse. Une belle montre, indéniablement, mais qui avait au final à mon sens plus d’inconvénients que la Submariner : trop glossy, en particulier la lunette et le bracelet, un poil épaisse (certes bien moins que la PO), une aiguille flèche qui ne me fait pas plus rêver que l’aiguille mercedes, … et surtout : je n’aime pas le néo-vintage. Je préfère le vrai vintage. Alors peut-être que j’aurai un jour la SM 300 master co-axial, mais peut-être que j’aurai tout simplement et à la place, une SM 300 historique. Je ne m’en porterai sans doute pas plus mal.

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